La ferme de Belveset, à Taradeau, célèbre son demi-siècle d'existence. Créée en 1976 par Philippe Bertin, parti de presque rien, elle est aujourd'hui dirigée par son fils Julien, qui perpétue un savoir-faire reconnu bien au-delà des collines varoises.
Des débuts sans eau ni électricité
En 1976, Philippe Bertin, alors âgé de 22 ans, rentre d'un périple d'une année en Afrique. Imprégné de la culture hippie, il s'installe avec son ami Dominique dans un coin de paradis au cœur des collines de Taradeau. Leur vision : vivre en autarcie et en harmonie avec la nature. Ils louent une ferme en ruine sur 50 hectares de terre sauvage.
« Au début, nous n'avions pas d'eau ni d'électricité, on allait faire la vaisselle dans le cours d'eau qui se trouve en contrebas », raconte Philippe. Les deux compères élèvent quelques chèvres, produisent du miel et cultivent un potager suffisant pour subvenir à leurs besoins. Dominique ne poursuivra pas l'aventure.
Une famille, une ferme, une fromagerie
En 1978, Philippe rencontre Florence, artiste peintre, qui deviendra sa compagne de vie et de labeur en 1980. Ensemble, ils fondent une famille : Violine naît en 1980, Julien en 1984. Armés de courage, ils redonnent vie au bâtiment et transforment les terres en un lieu productif, construisant des restanques où les légumes poussent en abondance. La ferme de Belveset voit le jour.
La même année, ils achètent 30 hectares sur les 50 qu'ils louaient, un pas de plus vers l'indépendance. En 2016, la construction de la nouvelle fromagerie marque un tournant : les fromages fermiers, fabriqués à partir du lait de leurs chèvres, gagnent en réputation. En avril 2021, le décès de Florence à l'âge de 63 ans vient ternir la vie paisible de la ferme.
Julien Bertin perpétue l'héritage
En 2024, Julien reprend la ferme familiale. Il élève près de 90 chèvres, quatre vaches et quelques cochons, et produit une vingtaine de variétés de fromages fermiers. La production est commercialisée pour moitié en vente directe, le matin à la ferme, en Amap ainsi que sur les marchés de Lorgues et de Draguignan. L'exploitation fournit également des revendeurs, commerçants locaux et supérettes, et sert notamment la table étoilée de la Vague d'or à Saint-Tropez.
Soutenu dans ses projets par son père, Julien envisage de réaménager l'accueil pour augmenter la vente directe et faire découvrir les animaux et les fromages au public. Il aimerait aussi faire du porc de plein air, élevé au petit-lait, dans un cercle vertueux : les vaches mangent le refus des chèvres, les porcs rejoindraient ce système. Dans son entreprise, Julien peut compter sur les salariés Lucie, Séverine, Marjorie, Alix, Claire, Sindy et Alex, avec lesquels il travaille main dans la main. L'avenir est assuré avec ses enfants, Agathe, 12 ans, et Arthur, 14 ans.