E.Leclerc sanctionné : Eurelec écope de 33,5 millions d'euros d'amende
E.Leclerc : amende record de 33,5M€ pour Eurelec

Une amende colossale pour la centrale d'achat d'E.Leclerc

La centrale d'achat européenne Eurelec, qui approvisionne le distributeur français E.Leclerc, a été lourdement sanctionnée par les autorités françaises. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé ce lundi l'imposition d'une amende de 33 537 615 euros pour manquements aux obligations légales de négociation.

Des retards de signature répétés

Selon le communiqué officiel, Eurelec Trading SCRL a été reconnue coupable de 70 manquements à son obligation de signer les conventions conclues avec ses fournisseurs français au plus tard le 1er mars 2025. La DGCCRF rappelle fermement que, dès lors que les négociations portent sur des produits destinés au marché français, elles sont soumises aux dispositions du code de commerce français, quelle que soit la loi du contrat.

Un historique de sanctions préoccupant

Cette nouvelle sanction s'inscrit dans un contexte déjà chargé pour Eurelec :

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  • En 2024, la centrale avait déjà écopé d'une amende record de 38 millions d'euros pour des motifs similaires
  • Quatre ans plus tôt, une première amende de 6,34 millions d'euros avait été prononcée

Eurelec, basée à Bruxelles, regroupe également le géant allemand Rewe et la chaîne belgo-néerlandaise Ahold Delhaize, formant ainsi une puissante alliance d'achat européenne.

Le contexte des négociations annuelles

Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, les distributeurs et leurs fournisseurs mènent des négociations commerciales souvent tendues qui déterminent les prix en rayon des produits (à l'exception des marques propres des distributeurs). Ces discussions sont cruciales pour l'ensemble de la chaîne de valeur alimentaire.

La défense de Michel-Edouard Leclerc

Interrogé sur Public Sénat juste avant l'annonce de la sanction, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, a défendu le rôle des centrales européennes. Face aux accusations de contournement des lois françaises Egalim (qui visent à protéger la rémunération des agriculteurs), il a dénoncé ce qu'il qualifie de « baratin politique ».

« Est-ce que j'ai des dossiers de contentieux qui diraient qu'on n'a pas respecté la matière première agricole ? À ma connaissance, non », a-t-il affirmé. Le dirigeant a souligné que son groupe négociait principalement avec de grandes multinationales comme Nestlé et Unilever, qui selon lui ne représentent pas « les intérêts des agriculteurs français ».

Un débat qui dépasse le simple contentieux

Cette affaire soulève des questions plus larges sur le fonctionnement des centrales d'achat européennes dans le contexte réglementaire français. Régulièrement accusées de détourner la législation nationale, ces structures sont défendues par les distributeurs comme un moyen nécessaire pour peser face à la puissance des multinationales agroalimentaires.

La répétition des sanctions contre Eurelec interroge sur l'efficacité des dispositifs de contrôle et la capacité des autorités à faire respecter les règles encadrant les relations commerciales dans le secteur de la grande distribution.

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