Dette française : Macron propose des eurobonds malgré un passif record
Dette française : Macron propose des eurobonds malgré un passif record

La dette française franchit un nouveau cap historique

La dette publique de la France a atteint un niveau record de 3 482 milliards d'euros à la fin du mois de septembre 2025. Ce chiffre colossal représente une augmentation de 1 201 milliards d'euros depuis juin 2017, période qui correspondait à l'arrivée d'Emmanuel Macron à la présidence de la République. Le surnom de « l'homme aux 1 000 milliards de dette » est désormais dépassé, et c'est avec celui de « président aux 1 500 milliards de dette » que son mandat pourrait s'achever.

Une situation financière qui alarme les partenaires européens

Ce passif considérable n'a pas seulement conduit les agences de notation à sanctionner à plusieurs reprises la France. Il a également renforcé les sentiments mêlés d'exaspération, de colère et d'inquiétude chez les partenaires européens du pays. Dans ce contexte, la proposition récente d'Emmanuel Macron de recourir massivement à des « eurobonds » – des obligations émises à l'échelle européenne plutôt qu'au niveau national – apparaît particulièrement audacieuse.

« C'est le moment de lancer une capacité commune d'endettement pour des dépenses d'avenir », a déclaré le chef de l'État dans un entretien au journal Le Monde. Cette initiative intervient alors que la France présente des indicateurs financiers préoccupants :

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  • La dette a progressé plus rapidement que dans tout autre pays de la zone euro
  • Le déficit public reste le plus élevé de la zone euro depuis des années
  • Le pays a démontré à nouveau son incapacité à réduire ce déficit

La France, cancre financier de l'Union européenne

En matière de gestion des finances publiques, la France est devenue le cancre indéboulonnable de l'UE. Cette position peu enviable ne la rend pas seulement inaudible sur les questions budgétaires, mais devrait normalement l'inciter à une certaine retenue plutôt qu'à prodiguer des conseils aux autres nations membres. Pour illustrer cette situation, on pourrait comparer cela au dernier du classement d'une descente olympique qui prétendrait donner des leçons de glisse aux trois médaillés.

Les eurobonds : une proposition qui irrite les pays frugaux

Le projet d'« eurobonds d'avenir » évoqué avec enthousiasme par Emmanuel Macron risque d'irriter particulièrement les pays dits « frugaux » de l'Union européenne. Ces nations, qui se caractérisent par une gestion rigoureuse des deniers publics, pourraient voir d'un mauvais œil cette proposition. En effet, grâce à la garantie implicite de l'Allemagne – dont la dette reste sous contrôle – ces emprunts européens seraient émis à des taux inférieurs aux taux français, désormais parmi les plus élevés de la zone euro.

La France réaliserait ainsi une bonne affaire financière, ce qui renforcerait son image de passager clandestin de l'euro. Le pays profiterait des avantages que procure la monnaie unique sans faire les efforts budgétaires nécessaires pour respecter les règles de vie monétaire commune.

Un décalage entre le discours et la réalité des investissements

Le président français serait plus convaincant dans sa promotion des « eurobonds d'avenir » si la dette accumulée pendant ses mandats avait été principalement investie dans des secteurs porteurs comme l'éducation et la recherche. Or, cette dette a surtout servi à :

  1. Financer les dépenses courantes
  2. Répondre dans l'urgence aux difficultés immédiates
  3. Calmer la colère des Gilets jaunes et des infirmières
  4. Verser les pensions et rembourser les médicaments des retraités

Le fardeau des intérêts de cette dette est ainsi reporté sur les générations futures, ce qui rend l'expression « eurobonds d'avenir » particulièrement paradoxale dans la bouche du chef de l'État.

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Une vision keynésienne de la dette publique

Emmanuel Macron apporte la preuve qu'il n'est pas l'ultralibéral décrit par la gauche, mais plutôt un ultrakeynésien de stricte obédience. Pour lui, la dette n'est pas un problème mais la solution à tous les maux économiques. Observant que l'Union européenne est « sous-endettée par rapport aux États-Unis », il affirme que les eurobonds permettraient « de s'attaquer à l'hégémonie du dollar ».

Cette analyse contraste avec celle du Fonds monétaire international, qui considère que la dette publique colossale des États-Unis représente la principale menace pour leur prospérité, pourtant tirée par les innovations technologiques des géants du secteur privé. Copier les vices financiers américains en se surendettant ne permettra pas à l'UE de s'imposer dans la compétition mondiale de l'intelligence artificielle. Distribuer toujours plus d'argent public via des eurobonds ne fera pas non plus prendre conscience aux Français qu'ils vivent au-dessus de leurs moyens, notamment en raison d'un temps de travail insuffisant.