Inter Rhône a dévoilé vendredi 9 octobre à Avignon un nouvel outil d'orientation des prix pour les Côtes du Rhône rouge, une première en France. Ce dispositif, fondé sur l'article 172 ter du règlement européen OCM, propose des indicateurs de prix pour la campagne 2026-2027, avec un prix d'équilibre fixé à 132 € l'hectolitre en conventionnel. L'objectif est de stabiliser le marché viticole dans un contexte économique incertain.
Un outil élaboré après quatre ans de travail
Après quatre années de travail mené par les représentants de la production et du négoce, Inter Rhône a présenté, lors d'une conférence de presse organisée à Avignon vendredi 9 octobre, ce nouvel outil d'orientation des prix. Cette démarche vise à contribuer à préserver durablement « la réputation qualitative » de l'appellation Côtes du Rhône, d'autant plus dans « un contexte économique chahuté pour la viticulture », a rappelé le président de l'interprofession, Philippe Pellaton, en soulignant qu'il était nécessaire de « proposer des solutions ».
Damien Gilles, président du syndicat des Vignerons des Côtes du Rhône, a qualifié cet outil de « complexe ». L'initiative s'appuie sur l'article 172 ter du règlement européen OCM, qui permet aux organisations interprofessionnelles de mettre à disposition des opérateurs des indicateurs prospectifs d'orientation de prix. La méthodologie a été élaborée à partir de données objectives relatives à l'amont viticole ainsi qu'à la situation économique des marchés des Côtes du Rhône rouge.
Deux indicateurs pour la campagne 2026-2027
Cette méthodologie a permis de construire deux indicateurs d'orientation de prix : l'un d'équilibre, pour assurer l'équilibre économique de l'activité viticole, et l'autre de pérennisation, pour contribuer durablement au maintien de l'activité, à l'investissement et au renouvellement du vignoble. Pour la campagne 2026-2027, ils ont été définis respectivement à 132 € l'hectolitre et à 171 € pour le conventionnel et le HVE (148 € et 193 € en bio).
« C'est un prix d'orientation, pas un encadrement impartial et obligatoire. On est encore dans un marché libre et équilibré », a insisté Damien Gilles. Chaque opérateur reste en effet libre de négocier et de déterminer ses prix en fonction de sa situation propre et des conditions du marché.
Une première en France qui pourrait faire école
Cette méthode, qui a vocation à s'inscrire dans le temps, doit permettre, a souligné Samuel Montgermont, président de l'Union des maisons de vins du Rhône, de « donner une lecture partagée des réalités économiques », de « nourrir un dialogue commercial plus éclairé » et de « contribuer à la pérennité de l'ensemble de la filière ». Inter Rhône étant la première interprofession en France à s'être saisie de cet article, « j'espère que cela fera école dans d'autres bassins. Je reste convaincu que si nous pouvons travailler avec des outils robustes, de façon objective, on peut aller sûrement plus loin », a conclu Samuel Montgermont.