La Cour suprême invalide les droits de douane de Trump, un revers pour sa politique économique
Cour suprême invalide droits de douane Trump, revers économique

La Cour suprême invalide les droits de douane de Trump, un revers majeur pour sa politique économique

Les droits de douane constituaient le pilier central de la politique économique de Donald Trump. Or, c'est précisément dans ce domaine qu'il a enfreint la Constitution américaine. Ce n'est pas une décision rendue par des juges de gauche, mais bien par la majorité conservatrice de la Cour suprême elle-même, qui vient d'invalider les droits de douane imposés par le président américain. Ceux-ci étaient fondés sur une législation destinée aux situations d'urgence nationale. À une majorité de six voix contre trois, la Cour a confirmé une décision d'un tribunal inférieur selon laquelle le président républicain avait outrepassé ses pouvoirs en invoquant la loi de 1977.

Une stratégie économique contestée et ses limites pratiques

La politique tarifaire de Trump repose sur la promesse que des droits d'importation élevés peuvent ramener des emplois industriels aux États-Unis. Cela a peu de chances de fonctionner. La fabrication aux États-Unis est tout simplement trop coûteuse. Motorola en a fait l'expérience lorsqu'elle a ouvert une usine de smartphones au Texas en 2013, pour la fermer douze mois plus tard. Les analystes estiment qu'il faudrait trois ans et environ 30 milliards de dollars à Apple pour délocaliser seulement 10 % de sa chaîne d'approvisionnement asiatique aux États-Unis. En réalité, Apple a réagi à l'augmentation des droits de douane imposés par Trump à la Chine en délocalisant une partie de sa production ailleurs, non pas aux États-Unis, mais en Inde, ce qui a déclenché de nouvelles menaces tarifaires de la part de Trump.

Des chiffres d'investissement exagérés et peu crédibles

Dans une tribune pour le Wall Street Journal parue le 30 janvier, le président américain écrivait : "J'ai utilisé avec succès l'outil des droits de douane pour obtenir des investissements colossaux en Amérique, comme aucun autre pays n'en a jamais vu auparavant... En moins d'un an, nous avons obtenu des engagements pour plus de 18 000 milliards de dollars, un chiffre inimaginable pour beaucoup". Cette affirmation est aussi peu crédible que celles selon lesquelles il aurait mis fin à huit guerres en huit mois ou réduit le prix des médicaments de "plus de 1 000 %". Peu avant, l'administration Trump avait cité un chiffre inférieur, à savoir 9 600 milliards de dollars. Mais même ce chiffre était inventé, comme l'a démontré l'économiste américain Alan Reynolds du Cato Institute : "Bon nombre des 132 annonces figurant sur la liste de 9 600 milliards de dollars de la Maison-Blanche ne concernaient pas du tout des investissements, mais des promesses d'acheter davantage de produits américains faites par des étrangers". En d'autres termes, même ce chiffre de 9 600 milliards de dollars était fictif. Pour rendre son argument encore plus impressionnant, Trump l'a presque doublé, le présentant comme la preuve du boom des investissements prétendument déclenché par sa politique douanière.

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Un message politique séduisant mais trompeur

Le message de Trump est politiquement séduisant. Il dit aux travailleurs américains que tout peut revenir comme avant. Cela semble beaucoup plus attrayant que la vérité : à l'ère de la mondialisation, d'Internet et de l'intelligence artificielle, il est irréaliste de s'attendre à ce que les emplois existants - en particulier les emplois peu qualifiés, mais aussi de plus en plus d'emplois qualifiés - restent inchangés. Quiconque souhaite réussir dans cet environnement doit s'adapter, acquérir de nouvelles compétences et s'orienter vers des domaines où la main-d'œuvre humaine est moins facilement remplaçable. Ce n'est pas un message attrayant pour les électeurs. Il est bien plus séduisant d'affirmer que les étrangers sont responsables. Les Japonais, les Chinois ou les Allemands se retrouvent ainsi accusés d'inonder les marchés américains de produits bon marché tout en refusant prétendument d'acheter des produits américains.

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Les conséquences négatives pour les entreprises et l'agriculture américaines

Les entreprises américaines comprennent à quel point les droits de douane peuvent être préjudiciables. L'association Footwear Distributors and Retailers of America a averti Trump dans une lettre que la hausse des coûts causée par les droits de douane menaçait la survie des entreprises américaines de chaussures et mettait en danger des centaines d'entreprises qui risquaient de fermer. Les agriculteurs américains ont également été gravement touchés par la guerre commerciale déclenchée par l'administration. En réponse, Trump a distribué des milliards de dollars de subventions aux agriculteurs pour compenser les dommages.

La spirale interventionniste selon les économistes

Il s'agit là d'un exemple classique de ce que l'économiste Ludwig von Mises a décrit comme la "spirale interventionniste". L'intervention du gouvernement sur les marchés produit des conséquences imprévues, car elle fausse les signaux de prix et les incitations. Les tentatives visant à corriger ces nouveaux problèmes conduisent à de nouvelles interventions, qui à leur tour créent des distorsions supplémentaires et d'autres problèmes, générant un cycle sans fin d'interventions étatiques. Cette décision de la Cour suprême pourrait marquer un tournant dans la politique économique américaine, en limitant les pouvoirs présidentiels en matière de droits de douane et en soulignant les risques d'une approche protectionniste mal conçue.