Contre-budget 2027 : les Écologistes veulent taxer les pétroliers
Contre-budget 2027 : taxe pétroliers et réforme héritage

Le parti les Écologistes a dévoilé mercredi 30 septembre 2026 son contre-budget pour 2027, articulé autour de quatre mesures clés. La principale proposition vise à taxer les superprofits des entreprises pétro-gazières afin de soutenir les ménages confrontés à la flambée des prix du carburant. Cette taxe, fixée à 33 % sur le chiffre d'affaires additionnel réalisé en 2026 et 2027 par rapport à 2025, pourrait rapporter 2,8 milliards d'euros à l'État.

Une taxe de 33 % sur les superprofits pétro-gaziers

Lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, la députée Eva Sas a précisé que cette taxe viserait directement les groupes pétroliers opérant en France. « Nous, contrairement au ministre Serge Papin, qui ne veut pas embêter Total, nous voulons embêter Total, puisque nous proposons une taxe de 33 % sur le chiffre d'affaires additionnel qui a été fait par les groupes pétroliers en France en 2026 et 2027 par rapport à 2025 », a-t-elle expliqué.

Les 2,8 milliards d'euros récoltés seraient redistribués à environ six millions de ménages sous forme d'un chèque de 450 euros. Cette annonce intervient alors que TotalEnergies a vu son bénéfice doubler au premier semestre. Le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, avait déclaré la semaine dernière : « Je n'ai pas envie d'embêter Total ».

Réforme de l'héritage et taxation des plus-values

Le contre-budget comprend également une réforme de l'héritage. Les Écologistes proposent une « contribution exceptionnelle de 10 % sur les héritages supérieurs à 4 millions d'euros, et 10 % supplémentaires pour ceux supérieurs à 13 millions d'euros ». Ils souhaitent aussi une remise à plat des niches successorales, notamment le pacte Dutreil sur les transmissions d'entreprises, ainsi qu'une taxation des plus-values latentes au-delà de 4 millions d'euros.

Ces mesures s'accompagnent d'un « plan climat à hauteur de l'urgence et donc de l'ordre de dix milliards d'euros », selon la députée Eva Sas. Elle a comparé cette somme aux 6,4 milliards d'euros alloués à la défense : « Il nous semble qu'on ne peut pas faire moins pour l'écologie, dans les deux cas il s'agit de protéger les Français ».

Un grand plan de santé environnementale

La quatrième mesure phare consiste en un « grand plan de santé environnementale ». Selon les Écologistes, « au moins 60 milliards d'euros de dépenses d'assurance maladie » pourraient être évités en réduisant l'exposition à différentes substances toxiques.

Interrogés sur leurs marges de manœuvre face à un budget susceptible d'être adopté via le 49.3 ou par ordonnances, les Écologistes ont affirmé vouloir nourrir les débats à l'approche de la présidentielle. Le député Tristan Lahais a souligné une « responsabilité à vraiment utiliser le débat parlementaire pour qu'on n'oublie pas l'été qui vient de se passer », tout en entendant mettre le bloc central face à ses « contradictions, notamment sur la question du travail et de l'héritage ».