Conflit au Moyen-Orient : hausse des prix du carburant et du gaz attendue en France
Conflit au Moyen-Orient : hausse des prix en France

Conflit au Moyen-Orient : des répercussions économiques sur le quotidien des Français

Le conflit au Moyen-Orient, déclenché après les bombardements israélo-américains sur l'Iran samedi dernier, commence à se faire ressentir en France malgré la distance géographique. Si les conséquences à long terme restent difficiles à prévoir, dépendant largement de la durée du conflit, plusieurs secteurs pourraient perturber le quotidien des Français.

Une hausse modérée mais perceptible à la pompe

Première conséquence directe : le prix des carburants. Après deux séances de forte hausse, les cours du pétrole se sont stabilisés mercredi. Le baril de Brent, référence mondiale, est resté à 81,40 dollars, tandis que le baril de WTI américain a légèrement augmenté de 0,13% à 74,66 dollars. Ces niveaux restent éloignés du record historique de 147 dollars atteint en 2008 pendant la crise des Subprime.

En France, le gouvernement constate « une hausse de quelques centimes » et annonce des contrôles pour s'assurer que cette augmentation reste raisonnable. Selon les relevés quotidiens de Bercy, le litre de SP95-E10 se vendait mercredi en moyenne 1,77 euro, soit 5 centimes de plus que le 27 février, veille des premières frappes.

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Le ministre de l'Économie Roland Lescure a appelé à « garder son sang-froid » sur Franceinfo, affirmant qu'« il n'y aura pas de pénurie nationale ». La ministre déléguée à l'Énergie Maud Bregeon a précisé sur BFMTV/RMC qu'à court terme, on pouvait s'attendre à « une hausse de quelques centimes, contenue et limitée », tout en soulignant que cela dépendrait de l'intensité du conflit.

Facture de gaz : une augmentation possible à partir de mai

Du côté du gaz naturel, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence européenne, a pris 8,41% à 52,87 euros le mégawattheure. Une augmentation relativement contenue pour ce marché volatil, mais qui représente tout de même une flambée de 65% depuis le début de la semaine.

Cette hausse pourrait se répercuter sur la facture des onze millions de Français abonnés au gaz « à partir du mois de mai », selon un conseiller à Bercy cité par Le Parisien. L'économiste Philippe Chalmin relativise cependant auprès de La Dépêche : « cette crise est bien moins violente pour l'énergie que l'invasion de l'Ukraine ».

La priorité du gouvernement est actuellement de travailler à la réouverture du détroit d'Ormuz, porte d'accès stratégique au Golfe par lequel transite quotidiennement une partie significative du gaz et du pétrole.

Importations alimentaires et transport maritime sous surveillance

Certains produits alimentaires pourraient également être impactés. Les engrais, dont une grande partie sont produits au Moyen-Orient, pourraient voir leurs cours augmenter. Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste chez BDO, explique au Parisien : « Dans l'alimentaire, la situation critique risque d'impacter les cours du blé, du maïs, des céréales... On peut imaginer que les industriels vont anticiper les hausses de coûts des matières premières en augmentant le prix des pâtes ou du riz d'ici deux à trois semaines ».

Le coût du transport maritime pourrait également peser sur les prix des produits importés, notamment ceux en provenance de Chine dont les porte-conteneurs empruntent le canal de Suez. Il est cependant encore trop tôt pour prévoir l'évolution précise des prix dans les rayons.

Perturbations majeures du transport aérien

Le trafic aérien subit des perturbations significatives. Alors que des avions de rapatriement ont rétabli des liaisons entre la France et le Moyen-Orient, l'espace aérien des pays du Golfe reste très perturbé. Au moins 19 000 liaisons aériennes ont été supprimées depuis le début du conflit, et de nombreux Français sont bloqués sur place.

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L'aéroport de Dubaï (DXB), deuxième aéroport mondial en nombre de passagers, est particulièrement touché. Utilisé massivement pour les correspondances depuis l'Europe vers l'Asie et l'Océanie, sa paralysie affecte les liaisons vers le reste du monde. Les compagnies européennes doivent prévoir de nouveaux plans de vol en évitant à la fois le survol du golfe Persique et de la Russie, une adaptation qui pourrait perturber les projets de voyage et faire augmenter le prix des billets.

Face à ces défis, les pays consommateurs peuvent compter sur d'importantes marges de sécurité dans un marché mondial du pétrole en situation d'offre excédentaire. Roland Lescure a tenu à rassurer : « Il n'y a aucun risque d'approvisionnement à court terme en France ni sur le gaz, ni sur l'essence », ajoutant : « Donc ne créons pas un problème qui n'existe pas. On n'a aucune raison de se ruer aujourd'hui dans les stations-service ».