La lune de miel franco-américaine touche-t-elle à sa fin ?
Le baromètre annuel réalisé depuis vingt-six ans pour la Chambre de commerce américaine en France (AmCham) dresse un constat alarmant : la confiance des entreprises américaines installées dans l'Hexagone s'érode significativement. Cette étude, menée auprès de 140 entreprises sur les 1 500 sociétés américaines présentes en France, révèle une perception dégradée du climat des affaires.
Une chute spectaculaire de la confiance
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Seuls 30% des dirigeants américains expriment aujourd'hui une opinion positive ou très positive de la France, contre 64% en 2022, lorsque les relations bilatérales étaient au beau fixe. Cette chute vertigineuse intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l'Europe.
Marc-André Kamel, vice-président de l'AmCham et consultant chez Bain & Company, le cabinet ayant réalisé l'étude, se désole : « Les dirigeants donnent l'impression qu'une énorme partie des efforts remarquables faits après 2017 sont gommés. »
Les principaux motifs de mécontentement
Les entreprises américaines pointent du doigt plusieurs facteurs expliquant cette perte de confiance :
- L'instabilité politique persistante
- Les atermoiements budgétaires répétés
- La morosité économique ambiante
- Des réglementations et normes jugées excessives
L'enquête, menée entre mi-décembre 2025 et janvier 2026, a peut-être été influencée par le débat budgétaire non encore tranché à cette période, notamment concernant le recours au 49.3.
Des risques perçus comme significatifs
Les préoccupations des investisseurs américains se cristallisent autour de deux axes majeurs :
- 94% estiment que l'environnement politique et institutionnel français présente des risques modérés ou significatifs
- 77% n'ont pas confiance en la capacité du gouvernement à engager les réformes structurelles jugées nécessaires
La concurrence européenne se renforce
En contrepoint de cette situation française, d'autres pays européens gagnent en attractivité auprès des investisseurs américains :
- L'Allemagne est perçue comme meilleure gestionnaire de ses deniers publics
- L'Italie est louée pour ses réformes structurelles
- L'Espagne séduit par la vitalité économique sous le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez
Cette redistribution des cartes au sein de l'Europe inquiète les observateurs économiques, qui soulignent l'importance de restaurer la confiance des investisseurs internationaux pour maintenir la compétitivité française.



