Girondins de Bordeaux : négociations avancées pour une vente à Sparta Capital
Bordeaux : vente du club en négociation avancée

Lancées début avril, les négociations pour une cession du club par Gérard Lopez au fonds d’investissement Sparta Capital battent leur plein. Si elles échouent, le propriétaire devra à nouveau financer. Ils ont été nombreux ces dernières années. Et souvent malheureux. Mais les Girondins sont à un nouveau tournant de leur histoire. Comme révélé dimanche dans nos colonnes, Gérard Lopez, propriétaire du club depuis 2021, est en négociations avec l’homme d’affaires Franck Tuil et son fonds d’investissement Sparta Capital Management pour céder la majorité des parts du club. Jamais, depuis l’éventuel sauvetage par le groupe américain Fenway en juillet 2024, elles n’ont été aussi avancées. Débutées début avril, marquées par deux visites à la mairie de Bordeaux à la fin du même mois puis début mai, elles portent aujourd’hui, selon des sources proches, sur le cœur du « deal » : la valorisation des actions alors que le club a été estimé à 10,4 millions d’euros en avril 2025 par un cabinet indépendant désigné par le tribunal de commerce, le pourcentage de parts conservées par l’actuel propriétaire avec une minorité de blocage (au-dessus de 33 %) ou non, une éventuelle période de transition en double pilotage avec Gérard Lopez, la couverture des (élevés) risques prud’homaux.

Objectif : avancer dans les deux à trois semaines

L’objectif des parties : que les discussions avancent dans les deux à trois semaines. Le club vivra d’ici là une échéance importante avec l’audience de conciliation au CNOSF pour tenter de faire suspendre par la Fédération française (FFF) l’interdiction de recrutement sur le territoire national. Un autre recours en suspension (en attendant le jugement sur le fond) est en attente de réponse du Tribunal arbitral du sport pour l’international. La suivante sera le passage devant la DNCG courant juin, avec un apport de 9 millions nécessaire (préfinancement du déficit prévisionnel de la saison prochaine et de l’échéance de remboursement de dettes de 2027) pour valider le dossier. Ils devront être injectés dans le club pour repasser les fonds propres dans le positif et être en position de prétendre à un repêchage en Ligue 3.

Des intérêts jamais finalisés

Depuis l’été 2022, la chute en Ligue 2 et un couperet financier passé in extremis, et encore plus depuis la remontée en Ligue 1 ratée d’un cheveu en juin 2023, Gérard Lopez ne cache pas être en recherche de « partenaires financiers ». Malgré des intérêts dévoilés (l’attelage Santiago Cucci - Michael Benabou, Sixth Street Partners et Fenway en 2024, Oliver Kahn en 2025) et d’autres dans l’ombre, rien n’a abouti jusqu’ici. Les sons de cloche ont souvent dissoné. Du côté du propriétaire, on a pointé régulièrement un manque de crédibilité et de fonds des acquéreurs potentiels ou, en 2024, les résultats sportifs. Du côté des acquéreurs, on a évoqué en retour l’état très dégradé du club avant la chute, la complexité du dossier et les conditions du vendeur. L’Hispano-luxembourgeois souhaite rester au capital, à l’image de la vente (pour un euro symbolique) à Renault de l’écurie de Formule 1 Lotus, en difficulté financière, en 2015. Gardant 10 % des parts, il les a revendues pour 20 millions d’euros en 2022 alors que la structure, devenue Alpine, s’était redressée.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Aux Girondins, Gérard Lopez a investi, via sa holding Jogo Bonito, 20 millions d’euros (10 en 2021 et 10 en 2022), puis 42 millions d’euros en prêt d’actionnaire en juin 2023. Il a renoncé à renouveler la saison suivante, emmenant le club vers le dépôt de bilan. Mais il a réinjecté quelque 11 millions d’euros depuis l’été 2024 pour éviter la liquidation. Une note qui commence à être salée pour un homme d’affaires qui disait en mars 2022 ne pas avoir vocation à être mécène, sur fond de deuxième échec consécutif pour remonter en Ligue 3.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

En haut, la crise des droits TV

Du côté du vendeur, comme de plusieurs apporteurs d’affaire, on vante que le « coût » de fonctionnement actuel des Girondins (3,5 millions d’euros de déficit structurel et des remboursements de dettes de moins de 1,4 million d’euros entre 2028 et 2036) reste peu élevé dans un football français étranglé par la crise des droits TV. En L1, les déficits d’exploitation (hors transferts et hors l’anomalie Brest en Ligue des champions) sur la saison 2024-2025 étaient compris entre 20 et 208 millions d’euros. En L2, excepté Pau à l’équilibre, ils alternaient entre 1,5 million (Rodez) et 38 millions (Lorient). L’autre argument réside dans la « marque » et le potentiel de re-développement avec la perspective d’une valorisation importante en cas de retour en Ligue 1. Quand, dans l’élite, l’heure est à la vente de joueurs et la restructuration à tout-va.

Le hic : le chèque reste très important pour le National 2. Et en cas de statu quo à ce niveau, le risque financier est élevé. Et si les négociations n’aboutissent pas ? Gérard Lopez n’aura pas d’autre choix que de remettre à nouveau seul la main au portefeuille. Synonyme de retour en régional pour le club, une liquidation ne serait pas anodine pour lui non plus. À Niort, suite à la disparition des Chamois, le tribunal de commerce vient de condamner l’ancien propriétaire Mickael Hanouna à 15 ans d’interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, toute entreprise.