Affiches de Béziers : 221 campagnes par an, l'opposition interpelle
Affiches de Béziers : 221 campagnes par an, l'opposition interpelle

Le conseil municipal de Béziers, réuni ce mardi 6 octobre pour la première fois depuis la rentrée, a été marqué par les interrogations répétées de l'opposition sur les affiches municipales. Les élus de la liste de Thierry Mathieu ont demandé des comptes sur leur coût et leur contenu, alors que la Ville produit 221 campagnes par an pour un coût annuel de 32 000 euros.

Une motion de soutien aux marins-pêcheurs déclenche les hostilités

Dès le début de la séance, le ton est donné lors du vote de la motion de soutien aux marins-pêcheurs, rapportée par Emmanuelle Ménard. Laurent Galy, élu d'opposition, interpelle cette dernière à propos du visuel d'une affiche jugé sexiste, montrant une femme dans un ciré de la taille d'un maillot de bain, poissons à la main. "Madame, en tant que femme, ne pensez-vous pas qu'il y a d'autres moyens pour vendre du poisson que d'exploiter une nouvelle fois le corps des femmes ?", lance-t-il. La réponse d'Emmanuelle Ménard ne se fait pas attendre, accompagnée d'un rire moqueur : "Il va falloir revoir votre code de la communication. Et si j'étais militante L214, je m'insurgerais contre la représentation du poisson !"

Un coût annuel de 32 000 euros pour 221 campagnes

Au moment de voter le budget de 2025, Thierry Mathieu demande le coût de la campagne polémique "On aime la messe, etc.", déclinée en plusieurs affiches et initiée pendant la Feria. "Ça n'a rien coûté", balaye Robert Ménard, assurant que la production est réalisée en interne et que la Ville ne paie pas l'affichage. En réalité, les services municipaux communiqueront à Midi Libre, au lendemain du conseil, le chiffre de 32 000 euros, représentant les frais d'impression et de pose pour l'ensemble des campagnes de l'année. "Comme nous créons 221 campagnes par an, cela revient à 145 euros pour une seule", précise Stéphanie Sandonato, directrice générale adjointe en charge des services publics.

La nature des affiches pointée du doigt

La nature des affiches est ensuite critiquée. Toujours à propos de la campagne "On aime", Thierry Mathieu fustige : "Vous avez communiqué pour vous-même avec les moyens de la Ville". Une affirmation contestée par l'édile de Béziers qui finira par s'emporter : "Vous vous taisez oui ?" La communication de Robert Ménard est au cœur des débats, notamment à la faveur du rapport d'activité 2025 de la société JCDecaux, qui gère les panneaux accueillant du contenu publicitaire mais aussi de nombreuses affiches municipales. Cette dernière bénéficie d'un contrat avec la Ville à qui elle verse une redevance de 170 000 euros par an.

Un rapport d'activité caviardé et un contrat opaque

Le rapport annuel d'activité de l'entreprise, soumis au vote des élus, est entièrement caviardé, page après page. Sous le titre "compte rendu financier", de grands rectangles noirs masquent les chiffres. "Pour un contrat de douze ans portant sur l'espace public, cela pose une question de transparence et de capacité de contrôle des élus", dénonce Thierry Mathieu. L'explication réside dans un petit mot qui change tout : il ne s'agit pas d'un contrat de "délégation de service public" - comme l'indique pourtant l'ordre du jour du conseil - mais d'un contrat de "concession". Et ce dernier est couvert par le secret des affaires, explique la délibération. Un argument qui n'a pas satisfait l'opposition, qui évoquait un rapport "provocant". "Combien ça rapporte ? Et quand vous les utilisez, est-ce que vous payez ? C'est quand même surréaliste !", glisse Thierry Mathieu. "Vous n'aviez qu'à venir siéger à la commission finance", riposte Robert Ménard, du tac au tac. Les Biterrois n'en sauront pas plus.