L'organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a accusé Israël d'utiliser la privation d'eau comme une « arme punitive » contre la population civile de la bande de Gaza. Dans un rapport publié ce lundi, l'ONG dénonce une stratégie délibérée qui aggrave la crise humanitaire dans le territoire palestinien.
Des coupures d'eau systématiques
Selon MSF, les autorités israéliennes ont réduit de manière drastique l'approvisionnement en eau potable dans plusieurs zones de Gaza, notamment dans le nord et le centre. Les infrastructures hydrauliques, déjà fragilisées par les bombardements, sont délibérément ciblées ou privées de maintenance. « Couper l'eau à une population civile est une méthode de guerre illégale », a déclaré un porte-parole de MSF.
L'ONG rapporte que près de 2 millions de personnes n'ont accès qu'à moins de 3 litres d'eau par jour, bien en dessous des standards humanitaires. Les enfants sont particulièrement vulnérables, avec une recrudescence des maladies hydriques comme le choléra.
Une pression insoutenable
MSF souligne que cette privation d'eau s'inscrit dans une stratégie plus large de pression sur la population civile. « L'eau est utilisée comme une arme de coercition collective, ce qui constitue une violation du droit international humanitaire », précise le rapport. L'organisation appelle la communauté internationale à intervenir pour garantir l'accès à l'eau.
Israël rejette ces accusations, affirmant que les coupures sont dues à des opérations militaires contre le Hamas et que l'aide humanitaire est autorisée. Cependant, MSF conteste cette version, citant des témoignages de patrouilles israéliennes empêchant la réparation des canalisations.
Des conséquences catastrophiques
La situation humanitaire à Gaza est déjà catastrophique, avec des pénuries de nourriture, de médicaments et d'électricité. L'absence d'eau potable aggrave les risques sanitaires. Les hôpitaux, débordés, peinent à traiter les cas de déshydratation et de maladies infectieuses.
MSF rappelle que l'accès à l'eau est un droit fondamental et que son utilisation comme arme de guerre est interdite par les Conventions de Genève. L'organisation exige une enquête indépendante et la levée immédiate des restrictions.
La communauté internationale, bien que préoccupée, tarde à agir. Les appels à un cessez-le-feu se multiplient, mais sans effet concret. MSF insiste sur l'urgence : « Chaque jour sans eau est une condamnation à mort pour des centaines de civils. »



