Victoria Bonya, l'influenceuse russe qui ose défier Poutine en vidéo virale
Victoria Bonya : l'influenceuse russe qui défie Poutine

Une influenceuse russe défie le Kremlin dans une vidéo virale

Victoria Bonya, une influenceuse russe de 46 ans résidant à Monaco, a publié le 14 avril une vidéo sur Instagram s'adressant directement au président Vladimir Poutine. Dans cette intervention devenue virale, elle exprime ouvertement les craintes et préoccupations de nombreux citoyens russes face à la situation actuelle du pays.

« Le peuple a peur de vous » : un message direct au président

« On a le sentiment de ne plus vivre dans un pays libre », déclare Victoria Bonya dans sa vidéo qui a cumulé plus de 30 millions de vues. L'influenceuse, habituellement connue pour son contenu sur la mode et les produits de beauté, énumère avec franchise : « Le peuple a peur de vous, les blogueurs ont peur de vous, les artistes ont peur de vous, les gouverneurs ont peur de vous. Et vous êtes le président de notre pays. »

Cette prise de position est d'autant plus remarquable que Victoria Bonya compte traditionnellement parmi les soutiens du régime russe. Sa critique frontale révèle une lassitude croissante face aux difficultés sociales et économiques qui touchent la population.

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Les griefs énumérés contre la situation russe

Dans sa vidéo, l'influenceuse détaille plusieurs problèmes majeurs affectant la Russie :

  • Le blocage d'internet par les autorités
  • L'abattage massif de bétail en Sibérie
  • Les inondations meurtrières survenues début avril au Daghestan
  • Le fonctionnement répressif du régime

Victoria Bonya met en garde contre les risques de cette approche autoritaire : « Les gens cesseront d'avoir peur. Ils sont comprimés comme un ressort enroulé, et qu'un jour ce ressort enroulé se détendra brusquement. »

Réactions contrastées en Russie

La vidéo a provoqué des réactions polarisées au sein de la société russe. Vladimir Soloviev, présentateur de la principale chaîne publique russe et fervent partisan du régime, a violemment attaqué l'influenceuse : « Ce n'est pas à cette prostituée d'ouvrir sa bouche sale et d'obstruer l'espace d'information. » Il a même suggéré qu'elle devrait être désignée comme « agent de l'étranger ».

En réponse, Victoria Bonya a qualifié Vladimir Soloviev d'« ennemi du peuple », critiquant les personnalités de la télévision d'État qui « parlent des femmes d'une manière inacceptable ».

Du côté du pouvoir, la réaction a été plus mesurée. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a reconnu que les sujets évoqués étaient « importants et pris en compte par le pouvoir ».

Un phénomène plus large de critiques célébritaires

Victoria Bonya n'est pas isolée dans sa démarche. D'autres personnalités russes ont récemment exprimé leurs préoccupations :

  1. L'influenceuse Aiza a publié une vidéo (depuis supprimée) dénonçant la corruption des élites et la hausse des taxes
  2. L'acteur Ivan Okhlobystin a critiqué les restrictions accrues sur l'accès à Internet
  3. L'influenceuse Katya Gordon a averti qu'une « véritable explosion de la féminité attend la Russie » si les autorités persistent à répondre par des menaces et insultes

Fait notable, Victoria Bonya a ensuite publié une autre vidéo où elle pleure de joie et remercie le Kremlin pour la prise en compte de ses paroles, montrant une certaine ambivalence dans son positionnement.

L'écho d'une préoccupation populaire

Les commentaires sous la vidéo de Victoria Bonya révèlent une partie de la population préoccupée par la situation économique et sociale. Une internaute résume : « Encore une fois en Russie, une femme se bat pour la vérité et les hommes se taisent. En Russie, les femmes sont plus fortes. »

Cette intervention médiatique, avec ses 1,6 million de likes et plus de 85 000 commentaires, illustre comment les plateformes sociales deviennent des espaces d'expression pour des critiques qui trouvent difficilement place dans les médias traditionnels russes. Le phénomène survient dans un contexte où la gestion autoritaire du pays s'est accentuée avec la guerre en Ukraine, créant un climat de tension sociale palpable même parmi les soutiens traditionnels du régime.

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