Signature du Pacte de Varsovie : un tournant dans la Guerre froide
Le 14 mai 1955, un événement majeur marque l'histoire de la Guerre froide : la signature du traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle entre huit puissances du bloc de l'Est, connu sous le nom de Pacte de Varsovie. La cérémonie se déroule à Varsovie, en Pologne, dans une atmosphère solennelle, comme le rapporte l'agence Tass.
Les signataires du pacte
Les huit pays signataires sont l'URSS, l'Albanie, l'Allemagne de l'Est, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Tchécoslovaquie. La radio d'Allemagne orientale annonce la nouvelle en soulignant que cette alliance rassemble 300 millions d'hommes dans une union pacifique et ferme. Elle précise également que l'observateur chinois à la conférence s'est engagé à apporter le soutien de 600 millions de Chinois.
Déclarations officielles
Le président du conseil polonais, Josef Cyrankiewicz, prononce un discours final dans lequel il insiste sur le caractère défensif du traité. Il déclare : "Ceci démontre le caractère défensif du traité qui n'est nullement dirigé contre aucun pays ou bloc de nations." Il ajoute que le pacte est ouvert à toutes les nations, même celles de régime politique différent, qui souhaiteraient y adhérer.
De son côté, le président de la République démocratique allemande, Otto Grotewohl, précise que tout traité liant les Allemands à des alliances militaires deviendrait caduc après l'unification des deux Allemagnes. "Maintenant plus que jamais, l'Allemagne orientale déploiera tous ses efforts pour l'unification du pays", affirme-t-il.
Nomination du commandant en chef
Le maréchal Ivan Koniev est nommé commandant en chef des forces armées des pays signataires. Moscou est désigné comme siège de l'organisation militaire. De grandes manifestations sont organisées dans toute la capitale polonaise pour célébrer l'événement, et le maréchal Nikolaï Boulganine prend la parole lors de l'une de ces réunions.
Contenu du traité
Le traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle comprend un préambule et onze articles, selon l'exposé du porte-parole de la délégation soviétique, Leonid Ilyitchev. Le préambule réaffirme l'intention des parties contractantes de réaliser la sécurité collective en Europe par la conclusion d'un pacte général entre tous les gouvernements, indépendamment de leur système social ou politique. Il souligne que la ratification des accords de Paris et la remilitarisation de l'Allemagne créent une grave menace pour les peuples pacifiques.
Les articles précisent la position des huit pays sur toutes les questions importantes et prévoient des consultations facultatives et obligatoires, ainsi que la consultation d'un comité consultatif politique et un certain nombre de dispositions militaires. Le traité est prévu pour une durée de vingt-cinq ans.



