L'arche de Tchernobyl percée par un drone russe : un risque nucléaire accru
Arche de Tchernobyl percée par un drone russe

L'arche de Tchernobyl percée par un drone russe : un risque nucléaire accru

Eric Schmieman, l'ingénieur américain qui a supervisé la conception de l'arche de Tchernobyl, se souvient avec précision des défis techniques de ce projet colossal. Édifiée en 2018, cette structure monumentale avait pour mission de sécuriser le vieux sarcophage soviétique, construit à la hâte après l'accident nucléaire du 26 avril 1986, afin de recouvrir le réacteur numéro quatre de la centrale.

"Nous avons suivi les mêmes recommandations que pour la construction d'une centrale nucléaire, en tenant compte de tous les aléas naturels : neige, tornades, séismes, confie-t-il. Le principal risque d'origine humaine que nous devions prendre en compte était la chute d'un avion, mais une zone d'exclusion aérienne protège le site, donc nous ne l'avons pas retenu. Personne n'avait envisagé une frappe militaire sur l'arche...

Une menace imprévue : les drones russes

Quarante ans après la catastrophe, la réalité dépasse désormais les scénarios les plus pessimistes. Les drones russes survolent régulièrement la zone d'exclusion de Tchernobyl pour frapper Kiev, située à 100 kilomètres au sud de la centrale. Le 14 février 2025, vers deux heures du matin, l'un de ces drones a percuté l'immense arche de 110 mètres de hauteur, laissant une brèche béante de 15 mètres carrés.

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Les conséquences de cet impact sont immédiates et préoccupantes :

  • Les pompiers ont dû percer plus de 300 petites ouvertures pour éteindre l'incendie, qui a couvé pendant deux semaines.
  • La radioactivité demeure actuellement dans les normes sur le site, selon les dernières mesures.
  • L'arche n'est plus hermétique et se trouve exposée aux intempéries, ce qui accélère le risque de corrosion à long terme.

Un héritage empoisonné

Cette situation souligne la vulnérabilité persistante du site de Tchernobyl, malgré les avancées technologiques. L'arche, conçue pour résister aux catastrophes naturelles, n'était pas préparée à une agression militaire directe. Les autorités ukrainiennes et internationales surveillent de près l'évolution de la radioactivité, mais la dégradation de la structure pourrait compromettre la sécurité du sarcophage sous-jacent à l'avenir.

Cet incident rappelle cruellement que les conflits armés modernes peuvent réveiller les fantômes du passé nucléaire, mettant en péril des décennies d'efforts de confinement et de réhabilitation.

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