Le blocus du détroit d'Ormuz a plongé le monde dans le chaos, mais une exception de taille a été observée. Le superyacht de luxe d'un milliardaire russe a traversé ce passage stratégique sans encombre durant le week-end des 25 et 26 avril 2026, défiant les restrictions en vigueur.
Un yacht de luxe au cœur du conflit
D'après les données de MarineTraffic, relayées par l'agence Anadolu, le navire de plaisance a quitté une marina de Dubaï vers 17 heures, heure locale, avant de franchir le détroit samedi matin pour accoster à Mascate, capitale d'Oman, tôt dimanche. Ce yacht, baptisé "Nord", est estimé à plus de 500 millions de dollars et appartient à l'homme d'affaires russe Alexeï Mordachov, magnat de l'acier et principal actionnaire du groupe sidérurgique russe Severstal. Sa fortune est évaluée à 37 milliards de dollars.
Un proche de Vladimir Poutine sous sanctions
Fin février 2022, Alexeï Mordachov, considéré comme un proche du président Vladimir Poutine, a été inscrit sur la liste européenne des personnalités russes non grata, avec gel de ses avoirs. Son yacht "Lady M" a été saisi à Sanremo, en Italie, en mars 2022 dans le cadre des sanctions internationales. Cependant, son second navire, l'imposant "Nord", a réussi à s'échapper et à rejoindre la Russie. Selon le site spécialisé Luxury Launches, le milliardaire aurait dépensé près de 400 000 euros en carburant pour faire naviguer le navire à pleine vitesse jusqu'à Vladivostok, tout en désactivant ses balises de localisation, pourtant obligatoires.
Un symbole du rapprochement entre la Russie et l'Iran
Si ce passage peut choquer, il n'est pas surprenant. La Russie et l'Iran, alliés de longue date, renforcent leurs liens depuis plusieurs années. En 2025, les deux États ont signé un traité visant à accroître leur coopération, notamment dans les domaines du renseignement et de la sécurité. De plus, lundi 27 avril, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi s'est rendu en Russie pour des entretiens avec Vladimir Poutine. Le passage du yacht d'un ami du président russe dans le détroit d'Ormuz pourrait être un symbole supplémentaire de ce rapprochement. Depuis avril, l'Iran n'autorise plus que le passage d'une poignée de navires par jour, principalement commerciaux, après l'annonce par le président Donald Trump d'un blocus américain contre les ports iraniens.
Le franchissement du détroit par le "Nord" interroge sur les privilèges accordés à la Russie dans cette zone sous tension. Alors que le monde observe les développements au Moyen-Orient, cet incident met en lumière les relations complexes entre Moscou et Téhéran, ainsi que les failles du blocus maritime.



