Iran : Mohammad Baqer Qalibaf, l'homme fort émergeant dans un contexte de guerre
Dans le paysage politique iranien bouleversé par la guerre au Moyen-Orient, une figure monte en puissance : Mohammad Baqer Qalibaf. Cet ancien des gardiens de la révolution islamique, président du parlement iranien depuis 2020, pourrait devenir le maillon essentiel dans un éventuel plan américain inspiré du modèle vénézuélien. Son ascension survient après une série d'événements dramatiques qui ont redistribué les cartes du pouvoir à Téhéran.
Une ascension inattendue dans un contexte chaotique
Mohammad Baqer Qalibaf n'était pas prédestiné à ce rôle central. Cet apparatchik modèle a occupé de nombreux postes prestigieux au sein du régime des mollahs sans jamais atteindre son sommet. Trois fois candidat malheureux à la présidence de la République islamique en 2005, 2013 et 2024, il avait même été écarté de la course en 2017 sur ordre direct du guide suprême de l'époque.
Mais la guerre a radicalement transformé la situation. Depuis l'assassinat d'Ali Khamenei le 28 février, la mort d'Ali Larijani dans une frappe le 17 mars, et la disparition inquiétante de Mojtaba Khamenei dont le sort reste inconnu, Qalibaf est devenu le nœud central entre les différentes élites iraniennes. Il fait désormais le lien entre les sphères politiques, sécuritaires et cléricales du pays.
Un parcours marqué par la révolution et la guerre
Âgé de 64 ans, Mohammad Baqer Qalibaf est né en 1961 à Torguabeh, une petite ville du Khorassan située près de Mashhad. Adolescent, il fréquentait assidûment les mosquées où fermentait l'esprit révolutionnaire. À seulement 19 ans, il rejoint les gardiens de la révolution islamique, quelques mois après l'invasion irakienne qui a marqué le début d'un long conflit.
Le site d'information américain Axios le décrit aujourd'hui comme « le plus haut responsable civil du cercle décisionnel iranien ». Cette position lui confère une influence considérable dans un contexte où les décisions stratégiques sont cruciales pour l'avenir du pays et de la région.
Un rôle potentiel dans la stratégie américaine
La question qui se pose désormais est de savoir si Mohammad Baqer Qalibaf pourrait devenir l'homme de Donald Trump au sein du régime iranien. Les analystes évoquent la possibilité d'un plan à la vénézuélienne, où les États-Unis chercheraient à établir des canaux de communication avec des figures influentes du régime pour faire avancer leurs intérêts.
Son réseau d'influence et son expérience au sein des structures de pouvoir iraniennes pourraient en faire un interlocuteur privilégié. Cependant, son parcours au sein des gardiens de la révolution lui confère également une dimension sanguinaire qui pourrait compliquer toute tentative de rapprochement.
La situation reste extrêmement volatile, et l'évolution du rôle de Qalibaf sera déterminante pour l'avenir des relations entre l'Iran et les États-Unis, ainsi que pour la stabilité de toute la région du Moyen-Orient.



