Moyen-Orient : tensions persistantes entre Iran et États-Unis
Moyen-Orient : tensions Iran-États-Unis

Entre échecs diplomatiques et cessez-le-feu incertain

La situation entre l'Iran et les États-Unis demeure floue ce vendredi 24 avril 2026. Les négociations attendues en milieu de semaine n'ont toujours pas eu lieu, tandis que les tensions persistent sur le terrain comme dans le discours. Malgré la prolongation du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran et de celui entre Israël et le Liban, aucune perspective de paix ne se dessine à l'horizon. Donald Trump, de son côté, continue ses menaces outrancières.

Des négociations qui n'avancent pas

La première salve de négociations enclenchée le 11 avril entre l'Iran et les États-Unis au Pakistan s'est soldée par un échec. Alors que ces dernières étaient censées reprendre cette semaine, elles sont toujours en suspens. Pourtant attendu à Islamabad, le vice-président américain JD Vance ne s'est pas encore présenté. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, est attendu ce vendredi soir au Pakistan, alors que Téhéran avait refusé jusque-là l'envoi d'une délégation, entraînant un frémissement diplomatique du côté iranien.

« Il n'y aura d'accord que lorsque ce sera pertinent et bon pour les États-Unis, nos alliés et, en réalité, le reste du monde », a quant à lui assuré le président américain. Résultat : pas de dialogues, pas de cadre commun et pas de calendrier pour l'heure, éloignant plus encore la possibilité d'un accord.

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Un cessez-le-feu qui tient à peine

Alors qu'il jugeait plus tôt l'option « hautement improbable », Donald Trump a annoncé prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran « jusqu'à nouvel ordre » mardi soir, laissant aux Iraniens la possibilité de se joindre aux négociations prévues à Islamabad. Mais sur le terrain, cela vacille. Des explosions ont été rapportées jeudi par des médias iraniens à Téhéran, une première depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 8 avril. De quoi fragiliser un cessez-le-feu déjà instable.

Du côté du Liban, la situation reste tout aussi instable. Le cessez-le-feu entre Israël et le pays du Cèdre a lui aussi été « prolongé de TROIS SEMAINES », comme l'a annoncé Donald Trump. Malgré cela, les violations se multiplient : l'armée israélienne, qui veut créer une zone tampon dans le sud du pays, continue ses frappes. Les dirigeants libanais ont accusé Israël de « crime de guerre », après la mort mercredi d'une journaliste libanaise tuée dans le sud du pays. Des « violations » dénoncées par le Hezbollah, qui a annoncé tirer en retour des roquettes sur le nord de l'État hébreu.

Des menaces à répétition

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Donald Trump a fait de l'imprévisibilité sa marque de fabrique. Le président américain a durci le ton à plusieurs reprises, affirmant lundi que « beaucoup de bombes exploseront », si les revendications américaines n'étaient pas satisfaites avant le terme du cessez-le-feu. Il a par ailleurs assuré ne pas être pressé concernant la fin des hostilités. « J'ai tout le temps du monde », a-t-il écrit, ajoutant que ce n'était en revanche pas le cas de l'Iran. Tout en maintenant une pression militaire, avec un troisième porte-avions américain, le Georges Bush, qui navigue à proximité de la région.

Israël, de son côté, a déclaré par la voix de son ministre de la Défense Israël Katz, attendre « le feu vert des États-Unis » pour « ramener l'Iran à l'âge de pierre ».

Le détroit d'Ormuz toujours à l'arrêt

Depuis mars, la situation autour du détroit d'Ormuz, au cœur du conflit, continue de peser sur le marché mondial des hydrocarbures, et ce même en dépit de la trêve et de l'arrêt des bombardements. Les tensions se sont même accentuées après l'échec du premier cycle de négociations, tandis que Washington a renforcé sa présence navale dans la région. Officiellement, il s'agit de sécuriser ce passage stratégique et d'empêcher toute tentative de blocage. Dans les faits, la situation reste instable. Iraniens et Américains ont accentué les saisies et les inspections de navires.

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Depuis sa re-fermeture samedi, en raison du blocus américain, le nombre de franchissements du détroit d'Ormuz a chuté, et les incidents sur des bateaux se sont accrus. Une pression militaire qui ne cesse pas. Du côté de Téhéran, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé sur X qu'une réouverture du détroit était pour l'heure impossible, « tant que le cessez-le-feu est ouvertement bafoué ».

Donald Trump, quant à lui, a multiplié les déclarations offensives, affirmant avoir ordonné à la marine américaine d'« abattre tous les bateaux, même les plus petits (…) qui posent des mines dans le détroit d'Ormuz ». « Nous contrôlons totalement le détroit d'Ormuz », a-t-il également affirmé, ajoutant qu'« aucun navire ne peut y entrer ni en sortir sans l'autorisation de la marine américaine ».