Mojtaba Khamenei : un guide suprême gravement blessé mais toujours aux commandes
Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, est "vif d'esprit et actif" malgré de graves blessures infligées par une frappe israélienne, a révélé le New York Times jeudi 23 avril 2026. Dans l'attente de son rétablissement, le fils du défunt ayatollah Khamenei délègue largement le pouvoir décisionnel aux Gardiens de la Révolution.
Un état de santé critique mais stable
Selon le quotidien américain, qui cite plusieurs responsables iraniens sous couvert d'anonymat, Mojtaba Khamenei a subi trois interventions chirurgicales à une jambe et attend une prothèse. Il a également été opéré à une main et retrouve peu à peu son usage. Son visage et ses lèvres ont été gravement brûlés, ce qui rend la parole difficile. Il vit dans un lieu tenu secret, entouré de médecins et d'une équipe médicale, dont le président Masoud Pezeshkian, lui-même chirurgien du cœur, ainsi que le ministre iranien de la Santé.
Un pouvoir délégué aux Gardiens de la Révolution
Depuis sa nomination, Mojtaba Khamenei n'a pas donné signe de vie et n'est pas apparu en public. Il n'a pas enregistré de message vidéo ou audio, soucieux de ne pas paraître vulnérable. Il ne reçoit pas non plus de visites pour des raisons de sécurité et reçoit des messages écrits à la main, glissés dans des enveloppes scellées puis transmis par coursier jusqu'à sa cachette. Les Gardiens de la Révolution, qui considéraient la guerre avec les États-Unis et Israël comme une menace pour la survie du régime, ont été chargés de la stratégie militaire, notamment du blocus du détroit d'Ormuz.
Un régime qui se militarise
Le président américain Donald Trump a déclaré que la guerre et l'élimination d'une partie des dirigeants iraniens avaient entraîné un "changement de régime" et certifié que les nouveaux dirigeants étaient "bien plus raisonnables". Mais, comme le rappelle le quotidien, la République islamique n'a pas été renversée. La mort de l'ancien guide suprême a concentré le pouvoir entre les mains de quelques généraux et des Gardiens de la révolution, tandis que l'influence des religieux s'amenuise. "Mojtaba n'est pas le chef suprême ; il est peut-être le dirigeant de nom, mais il n'est pas le chef suprême comme l'était son père", a analysé Ali Vaez, directeur pour l'Iran de l'ONG International Crisis Group. "Mojtaba est subordonné aux Gardiens de la révolution, car il leur doit sa position et la survie du système."



