Guerre au Liban : l'escalade inquiétante et les craintes internationales
Le conflit au Liban entre dans sa quatrième semaine avec une intensification dramatique des hostilités. Les frappes israéliennes se multiplient sur le sud du pays et la banlieue sud de Beyrouth, provoquant une crise humanitaire majeure et des alertes internationales sur les risques de dérive.
Un bilan humain alarmant et des frappes ciblées
Selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé communiqué ce mercredi 25 mars 2026, les frappes israéliennes ont déjà causé la mort de 1 094 personnes, dont 121 enfants, fait plus de 3 000 blessés et provoqué le déplacement de plus d'un million de personnes depuis le début du conflit le 2 mars.
L'armée israélienne a mené mercredi matin de nouvelles frappes sur la banlieue sud de Beyrouth et le sud du Liban. La veille, Israël avait ordonné l'évacuation de sept quartiers de cette banlieue considérée comme un fief du Hezbollah. À Nabatiyeh, dans le sud, deux secouristes en uniforme circulant en scooter ont été tués par une frappe israélienne, portant à 42 le nombre de soignants libanais tués depuis le début des hostilités.
Le ministère libanais de la Santé a dénoncé dans un communiqué « une obstruction délibérée des opérations de sauvetage et une violation flagrante du droit international humanitaire ». Une dizaine d'explosions ont également secoué Tyr et ses environs mardi, constituant les pires bombardements que cette ville du sud du Liban ait connus depuis le début de la guerre.
L'ONU craint une reproduction du modèle gazaoui
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a lancé un avertissement solennel ce mercredi, plaidant pour que le « modèle de Gaza », ravagé par la guerre entre Israël et le Hamas, ne soit pas reproduit au Liban. « Après plus de trois semaines, la guerre est hors de contrôle », a déclaré le responsable onusien, ajoutant que « ce conflit a dépassé les limites que même les dirigeants estimaient imaginables ».
Antonio Guterres a exprimé ses craintes face à « une marée de souffrance humaine » et un « choc économique plus profond ». « À travers la région et au-delà, les civils subissent un grave préjudice et vivent dans une profonde insécurité. J'en ai été témoin lors de ma récente visite au Liban », a-t-il confié à la presse.
Le secrétaire général de l'ONU a appelé à un cessez-le-feu immédiat : « Le Hezbollah doit cesser de lancer des attaques contre Israël. Et Israël doit cesser ses opérations militaires et ses frappes contre le Liban, où les civils sont les plus touchés ».
Israël annonce l'élargissement de sa zone tampon
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi que son pays était en train d'élargir la zone tampon au Liban pour « éloigner la menace des missiles » du Hezbollah. « Nous avons créé une véritable zone de sécurité empêchant toute infiltration vers la Galilée et la frontière nord. Nous élargissons cette zone pour éloigner la menace des missiles antichars et créer une zone tampon plus étendue », a déclaré le dirigeant israélien dans une vidéo diffusée par son bureau.
Cette annonce fait suite aux déclarations du ministre israélien de la Défense, Israël Katz, qui avait affirmé mardi que les forces israéliennes « manœuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée » jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.
S'adressant à des responsables de localités du nord d'Israël vivant sous les tirs du Hezbollah, Benjamin Netanyahu a affirmé que « la question du démantèlement du Hezbollah reste centrale ». Il a ajouté : « Elle est liée à la confrontation globale avec l'Iran, qui se poursuit malgré ce qui est rapporté dans les médias. Mais nous sommes résolus à transformer en profondeur la situation au Liban ».
Le Hezbollah rejette toute négociation sous la pression militaire
De son côté, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affirmé dans un communiqué que toute négociation « sous le feu » avec Israël équivalait à une capitulation. Il a demandé aux autorités libanaises de revenir sur leur décision de « criminaliser » selon lui l'action militaire de sa formation, que Beyrouth a décidé d'interdire début mars.
La formation pro-iranienne a revendiqué avoir visé des troupes israéliennes « massées dans les localités frontalières de Naqoura et Qawzah », ainsi que plusieurs sites le long de la frontière « avec plus de 100 roquettes ». Elle affirme également avoir mené une série d'attaques contre des localités du nord d'Israël, notamment Kiryat Shmona, qui n'ont pas fait de victimes selon les autorités israéliennes.
Israël a pour sa part annoncé avoir, au cours de son opération terrestre dans le sud du Liban, « démantelé des centres de commandement du Hezbollah » ainsi qu'un dépôt d'armes, et avoir tué plusieurs combattants de la formation, sans en préciser le nombre.
Une menace explicite de dévastation
Ces développements interviennent alors que le ministre israélien d'extrême droite chargé des Finances, Bezalel Smotrich, avait menacé début mars la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, de subir la même dévastation qu'Israël a infligée à Gaza depuis le début de la guerre contre le Hamas palestinien.
La situation humanitaire continue de se dégrader au Liban, avec des infrastructures détruites, des services de santé débordés et une population civile prise au piège des combats. Les organisations internationales redoutent une aggravation rapide de la crise si les hostilités ne cessent pas rapidement.



