Le Parlement israélien a franchi une étape décisive vers des élections législatives anticipées. Ce mercredi 20 mai, la Knesset a voté en lecture préalable un projet de loi visant à dissoudre l'assemblée. Sur les 120 députés, 110 ont approuvé le texte présenté par des membres de la coalition au pouvoir.
Un sabordage contrôlé par Netanyahou
La dissolution a été initiée par le Likoud, le parti du Premier ministre Benyamin Netanyahou. Ce dernier a pris les devants début mai pour garder la main sur le calendrier électoral, alors que sa majorité était menacée par le mécontentement des partis ultraorthodoxes. Ceux-ci lui reprochent de ne pas avoir fait voter une loi qui exempterait les jeunes hommes étudiant dans des yéshivot (écoles talmudiques) des obligations militaires.
Le texte voté précise que « la 25e Knesset sera dissoute avant la fin de son mandat. Les élections (en vue de constituer la prochaine assemblée) auront lieu à la date fixée (en commission) qui ne pourra être inférieure à 90 jours après l'adoption de cette loi ». Ainsi, les élections pourraient se tenir à partir de la fin du mois d'août.
Netanyahou sous pression
Benyamin Netanyahou, 76 ans, a récemment révélé avoir été opéré d'un cancer de la prostate. Il a gouverné Israël plus longtemps qu'aucun autre Premier ministre, avec plus de 18 années cumulées depuis 1996. Il rêve d'un ultime mandat, mais il est empêtré dans un procès au long cours et attend une grâce présidentielle.
Un sondage diffusé début mai par la chaîne publique KAN donne le Likoud en tête des intentions de vote, avec une courte avance sur Beyahad. Cependant, aucune des deux formations ne semble en mesure de former un gouvernement, en raison de la dispersion de l'électorat. Beyahad (« Ensemble ») a été formé par le chef de l'opposition, Yaïr Lapid, associé à l'ancien Premier ministre Naftali Bennet, dans le but de battre Netanyahou aux urnes.
Selon ce sondage, le Likoud obtiendrait 26 sièges sur 120 (contre 32 dans le Parlement sortant), Beyahad 25 sièges, et « Yashar » (« Tout droit »), la formation de Gadi Eizenkot (centre-droit), obtiendrait 15 sièges. Eizenkot, ancien chef d'état-major, est un allié potentiel du duo Lapid-Bennett.
Un contexte de guerre et de tensions
Cette dissolution intervient alors qu'Israël est engagé dans la guerre à Gaza, où les dirigeants du Hamas tombent mais le groupe reste présent. Par ailleurs, des négociateurs libanais et israéliens doivent se rencontrer à Washington ce jeudi. Enfin, une information révélée récemment indique que Netanyahou se serait rendu secrètement aux Émirats arabes unis pendant la guerre, ce qu'Abou Dhabi dément.



