Meisam Amini, double champion d'Asie et vice-champion du monde de lutte en 2003, vit en France depuis 2010. Mais en janvier 2026, il n'a pas hésité à retourner en Iran pour soutenir ses proches, alors que la situation politique devenait de plus en plus instable. Ce Lyonnais d'adoption de 42 ans, entraîneur au club de Saint-Priest (Rhône), raconte à 20 Minutes son quotidien stressant depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.
Une trêve fragile mais une tension permanente
Interrogé sur la trêve instaurée entre les États-Unis et l'Iran depuis deux semaines, Meisam Amini confie : « Rien n'est encore fixé. Le pays est officiellement en trêve, mais la situation est très critique. Si un accord global n'est pas trouvé dans les jours qui viennent, la guerre pourrait reprendre de plus belle. » Il évoque les drames récents : manifestations meurtrières, bombardements ayant tué des enfants. « Nous vivons dans l'attente permanente d'un événement tragique », ajoute-t-il.
Un retour motivé par l'urgence familiale
Le déclencheur de son retour a été l'instabilité croissante et l'inquiétude pour ses parents. « Quelques jours avant les manifestations de janvier, je suis parti avec mon fils Mikaeil. Et quelle chance d'être là ! Mon père a fait une crise cardiaque et a dû subir une opération à cœur ouvert. Les médecins m'ont appelé : 'Votre père vous appelle, il ne va pas bien'. Dès qu'il m'a vu, il a été soulagé. » Amini a ensuite ramené son père à la maison pour s'occuper de lui.
Vivre sous les bombes : peur et résilience
Quand la guerre a officiellement débuté le 28 février, Amini était chez son père dans la province du Mazandéran, au nord de Téhéran. « Quand la capitale était bombardée, on entendait les explosions au loin. Un stress immense envahit l'opinion publique : peur de la pénurie de nourriture, de médicaments, de carburant. Les gens stockent l'essentiel. Le pays est en semi-arrêt. » Il raconte les nuits de survol de drones et les tirs de la défense antiaérienne assourdissants. « On ne savait jamais où ça allait tomber. »
Un rôle d'athlète et de citoyen
En tant qu'ancien athlète national, Amini estime devoir rester aux côtés du peuple iranien. « Je n'oublie jamais que lorsque je représentais l'Iran sur le tapis, ces gens m'accompagnaient par leurs prières. Aujourd'hui, c'est mon devoir sacré de leur rendre la pareille, de partager leur peine et d'insuffler de l'espoir. » Il remercie les nombreux messages de soutien venus de France, via Instagram notamment.
Un projet de stage de lutte anéanti
Amini avait programmé un camp d'entraînement réunissant des lutteurs de Lyon et de France avec des champions iraniens. « J'ai travaillé des mois et investi beaucoup d'argent. Mais avec la situation actuelle, tout est tombé à l'eau. J'espère qu'à mon retour, le président Macron pourra me soutenir pour relancer un programme pour les lutteurs français. »
La lutte comme refuge
« Depuis deux semaines, je vais parfois au club de lutte pour changer d'air, avec mon fils Mikaeil, lui aussi lutteur. La région du Mazandéran est le pôle mondial de la lutte. Rien ne m'apporte plus de paix qu'un tapis de lutte. Cela me permet de ne pas me laisser abattre. »
Meisam Amini lance un appel au président Emmanuel Macron : « Je lui demande, compte tenu de son influence diplomatique, de jouer un rôle historique pour régler cette situation de manière permanente. Mon souhait est que les guerres cessent partout dans le monde. »



