Guerre au Moyen-Orient : escalade des tensions et crise humanitaire
Plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février 2026 par une offensive conjointe des États-Unis et d'Israël, le conflit ne montre aucun signe d'apaisement. Les menaces de Donald Trump contre l'Iran se multiplient, tandis qu'une quarantaine de pays appellent à la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, point stratégique pour le pétrole mondial. Les frappes continuent de faire des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, aggravant une situation déjà critique.
Les provocations de Donald Trump contre l'Iran
Le président américain Donald Trump intensifie ses provocations envers l'Iran. Ce jeudi, il a menacé de nouvelles destructions d'infrastructures civiles, déclarant sur Truth Social : « Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques ! ». Il a affirmé que l'armée américaine n'avait « même pas commencé à détruire ce qu'il reste en Iran ». Le même jour, il a applaudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran, une frappe qui a tué huit civils selon les médias iraniens.
En réponse, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a averti sur X : « Frapper des infrastructures civiles, y compris des ponts inachevés, ne poussera pas les Iraniens à se rendre ». Malgré cela, Trump alterne menaces et appels à Téhéran pour accepter un cessez-le-feu, insistant sur la nécessité d'une action rapide.
Les attaques iraniennes contre les intérêts américains et israéliens
La télévision d'État iranienne rapporte que Téhéran a lancé jeudi une série d'attaques ciblant des sites industriels et militaires américains dans le Golfe, ainsi que des installations israéliennes. Parmi les cibles figurent :
- Les industries sidérurgiques américaines à Abou Dhabi
- Les industries d'aluminium américaines à Bahreïn
- Les usines d'armement israéliennes de Rafael
L'agence Tasnim ajoute que les centres de données d'Oracle à Dubaï et d'Amazon à Bahreïn ont également été visés. Une attaque de drone a ciblé le centre diplomatique américain à l'aéroport de Bagdad, tandis que l'ambassade des États-Unis a mis en garde contre de possibles attaques de groupes armés pro-iraniens.
L'armée israélienne a activé son système de défense anti-aérien vendredi après avoir identifié des missiles tirés depuis l'Iran. Les Gardiens de la Révolution iraniens affirment avoir tiré des missiles longue portée vers Tel-Aviv et Eilat. Au Koweït, des attaques de missiles et de drones ont été interceptées.
L'appel international pour la réouverture du détroit d'Ormuz
Une quarantaine de pays exigent la réouverture immédiate et inconditionnelle du détroit d'Ormuz, où transite normalement 20 % du pétrole et du GNL mondiaux. Ils évoquent de possibles sanctions contre l'Iran. La ministre britannique des Affaires étrangères déclare : « L'Iran tente de prendre en otage l'économie mondiale dans le détroit d'Ormuz. Il ne doit pas l'emporter ».
Jassem Al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, a dénoncé jeudi la fermeture du détroit par l'Iran, appelant l'ONU à autoriser l'usage de la force pour le libérer. Un vote au Conseil de sécurité sur une résolution en ce sens a été reporté sine die, malgré un compromis visant à convaincre la France, la Russie et la Chine. Le président français Emmanuel Macron a jugé « irréaliste » une opération militaire, tandis que l'Iran met en garde contre toute action provocatrice.
Les risques humanitaires alarmants au Liban
Amy Pope, directrice générale de l'Organisation internationale pour les migrations, s'est inquiétée jeudi des risques très alarmants de déplacements massifs prolongés au Liban. Elle a déclaré : « Je trouve ces perspectives très alarmantes, car il suffit de voir l'ampleur des destructions actuelles ainsi que les menaces de destructions ». Des zones du sud du Liban sont « intégralement rasées », nécessitant une reconstruction même en cas de fin rapide du conflit.
Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l'ONU, craint un conflit de longue durée entre Israël et le Hezbollah dans le sud du Liban, avec des risques d'occupation territoriale et de détérioration de la cohésion nationale. La guerre continue de peser lourdement sur les civils, avec des destructions étendues et une crise humanitaire croissante.



