La Finul, une mission de paix en péril
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a annoncé vendredi 24 avril le décès d'un casque bleu, blessé le 29 mars dans une attaque contre sa base. Cette mort, la troisième en une semaine, survient alors que le conflit entre Israël et le Hezbollah s'intensifie le long de la "ligne bleue", zone frontalière où est déployée la force onusienne. Mais, très concrètement, quel est le rôle de la Finul et quels sont ses moyens ?
Ce qu'il faut retenir
La Finul a annoncé le 24 avril le décès d'un casque bleu blessé le 29 mars dans une attaque contre sa base au Liban. Il s'agit du troisième militaire tué en une semaine, après la mort des soldats français Anicet Girardin et Florian Montorio. Créée en 1978 après l'invasion israélienne, cette force de maintien de la paix surveille la "ligne bleue" à la frontière Sud-Liban. Au 30 mars 2026, elle comptait 7 505 soldats de 47 pays, dont 605 militaires français et 754 Italiens. Face aux tensions entre Israël et le Hezbollah, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté la fin de la mission au 31 décembre 2026. La Finul, force d'interposition sans mandat offensif, dispose d'un an pour retirer ses effectifs et son matériel.
Depuis quand la Finul existe-t-elle ?
Présente dans la région depuis 1978, la Finul est la plus ancienne mission de l'ONU encore en activité. Cette mission de maintien de la paix naît à la suite de l'invasion et l'occupation israélienne dans le Sud Liban sur une profondeur d'environ 40 km, en mars 1978. Dans la foulée de cette incursion, l'ONU adopte la résolution 425 et ordonne à Israël de cesser "immédiatement son action militaire contre l'intégrité territoriale du Liban" et de "retirer sans délai ses forces du territoire libanais". Déployés sur le terrain, la Finul et ses 2 000 soldats ont alors un objectif : pacifier la région et "confirmer" le départ des troupes d'occupation israéliennes du Liban. Mais son champ d'action limité, la Finul étant une force d'interposition et pas d'intervention. Si bien qu'elle ne parviendra à remplir aucune de ces missions : le retrait d'Israël dans le Sud Liban n'aura lieu que 22 ans plus tard et une guerre éclatera de nouveau dans le sud du Liban, en 2006, cette fois entre Israël et le Hezbollah. En réponse, le mandat de la mission de l'ONU est élargi, tout comme ses effectifs, portés à 10 000 soldats.
Combien de soldats composent cette force ?
Au 30 mars 2026, la Finul comptait 7 505 soldats de la paix provenant de 47 pays différents, selon les chiffres officiels de l'ONU. L'Italie en est le principal État contributeur en Europe avec 754 soldats, devant l'Espagne (658) et la France, qui compte 605 militaires au sein de l'organisation. Comme le rappelle l'ONU, les Casques bleus sont principalement des militaires ou des forces de police prêtés sur la base du volontariat par des pays membres de l'organisation. Ils sont accompagnés d'agents civils des opérations de maintien de la paix, souvent des fonctionnaires internationaux recrutés et déployés par le Secrétariat de l'ONU. Au Liban, ces femmes et hommes sont déployés le long de la "ligne bleue", une bande de terre de 120 kilomètres tracée par l'ONU en juin 2000, après le retrait des troupes israéliennes. La surveillance de cette frontière non-officielle entre Israël et le sud du Liban incombe à la Finul.
Quelles sont leurs missions ?
Lors de sa création, en 1978, la Finul a trois missions : confirmer le retrait des forces israéliennes du Sud-Liban, restaurer la paix et la sécurité internationales et aider le gouvernement libanais à assurer le retour de son autorité effective dans la région. Leur mandat porte désormais aussi sur des opérations de défense, du monitoring, du reporting, l'appui aux forces armées libanaises, la protection des civils sous menace imminente, la liberté de mouvement des personnels de l'ONU, ainsi que des activités comme la découverte de tunnels et de caches d'armes. Dans le sud du Liban, la Finul patrouille pour observer impartialement la situation sur le terrain et signaler toute violation de la résolution 1701 dans la zone tampon. La Finul forme également les Forces armées libanaises (FAL) afin de renforcer leur déploiement dans le sud du pays et, à terme, leur transmettre certaines tâches de sécurité.
De quels moyens dispose la Finul ?
Très concrètement, comment les Casques bleus de la Finul assurent-ils ces missions ? "Leur mission n'est certainement pas d'attaquer ni Israël ni le Hezbollah directement. C'est la difficulté d'une force de maintien de la paix. Elle est dans une zone de guerre qui peut être très calme et d'un seul coup, avec une hausse des tensions", analyse auprès de nos confrères de France Info le général Dominique Trinquant, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU. Si la force onusienne ne peut pas lancer de mission offensive, elle peut toutefois employer la force dans des cas précis et limités, en cas de légitime défense, mais aussi pour défendre leur mandat, protéger les civils sous menace imminente ou encore garantir leur liberté de mouvement. Si l'escalade entre le Hezbollah et Israël a remis sur le devant de la scène la mission onusienne, cette dernière est toutefois vouée à disparaître. En août 2025 et à la demande des alliés israélo-américains, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté à l'unanimité pour mettre fin à la Finul au 31 décembre 2026. La plus ancienne mission de l'ONU disposera d'un an pour retirer l'ensemble de ses militaires et civils, ainsi que tout le matériel des Nations unies.



