L'UE veut exclure les hommes ukrainiens en âge de combattre du statut de réfugié
UE : vers une exclusion des hommes ukrainiens en âge de combattre du statut de réfugié

La Commission européenne a proposé ce vendredi 26 juin 2026 de prolonger jusqu'en mars 2028 la protection temporaire accordée aux réfugiés ukrainiens dans l'Union européenne, un statut mis en place en mars 2022 après l'invasion russe. Cette mesure concerne plus de 4 millions d'Ukrainiens ayant trouvé refuge dans l'UE. Cependant, pour la première fois, Bruxelles souhaite exclure de ce statut les hommes en âge de combattre, c'est-à-dire ceux âgés de 25 à 60 ans, ainsi que ceux de 23 à 25 ans inscrits à la réserve militaire, conformément à la législation ukrainienne qui leur interdit de quitter le pays.

Un statut renouvelé pour la cinquième fois

La protection temporaire, qui doit être reconduite chaque année, permet aux bénéficiaires d'obtenir automatiquement un droit de séjour dans l'un des 27 États membres de l'UE de leur choix. Ils ont accès au logement, à l'aide sociale, à l'éducation pour les enfants, au marché du travail ainsi qu'à l'assistance médicale, sur simple justificatif de nationalité. Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), au 30 avril 2026, plus de 5,2 millions de réfugiés ukrainiens sont enregistrés en Europe, principalement en Allemagne (plus de 1,2 million), en Pologne (986 950) et en République tchèque (384 000). La France accueille un peu plus de 76 000 réfugiés ukrainiens ayant obtenu une demande d'asile ou une protection temporaire, soit environ 12 % de la population ukrainienne d'avant-guerre, estimée à près de 43 millions d'habitants.

Une demande de Kiev et des critiques

Le commissaire européen chargé des questions migratoires, Magnus Brunner, a justifié cette exclusion en affirmant qu'il s'agissait d'une demande des autorités ukrainiennes. « C'est quelque chose que les Ukrainiens nous ont demandé de faire », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Il a également souligné que « à mesure que la guerre se poursuit, notre soutien doit lui aussi se poursuivre ». Cependant, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, a mis en garde contre tout retrait prématuré de la protection. Dans un communiqué, il a estimé qu'« il est temps d'accroître, et non de réduire, notre solidarité », ajoutant que « la situation actuelle en Ukraine ne remplit pas les conditions nécessaires à un retour sûr et digne ». Selon lui, « sortir les personnes du régime de protection temporaire collective sans leur offrir un filet de sécurité solide, c'est risquer de plonger des millions d'entre elles dans une situation juridique incertaine, dans la pauvreté et de les contraindre à des retours involontaires et dangereux ».

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Des signes d'impatience parmi les États membres

Certains pays de l'UE commencent à montrer des signes d'impatience face à un conflit sans issue évidente. L'an dernier, Bruxelles avait déjà engagé une réflexion sur l'avenir de ce statut, encourageant les États membres à pérenniser la protection de ceux restant en Europe et à préparer de premiers retours vers l'Ukraine. La proposition de vendredi va plus loin en excluant les hommes en âge de combattre des nouvelles demandes. Cette décision intervient alors que la guerre, qui a débuté en février 2022, se poursuit sans perspective claire de résolution.

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