Macron presse l'UE d'adopter de nouvelles sanctions contre la Russie
Le président français Emmanuel Macron a lancé un appel pressant lundi à l'Union européenne pour qu'elle adopte un vingtième paquet de sanctions contre la Russie, actuellement bloqué par la Hongrie. Cet appel a été formulé lors de l'accueil de son homologue finlandais Alexander Stubb à l'Élysée, à Paris, le 23 février 2026.
« Nous continuerons d'augmenter la pression sur la Russie. Nous devons avancer sur le 20e paquet de sanctions de l'Union européenne et des discussions se tiendront dans les prochains jours », a déclaré Emmanuel Macron aux côtés du président finlandais.
Le blocage hongrois et les réactions européennes
La Commission européenne avait pourtant mis sur la table ce vingtième paquet de sanctions en vue d'une adoption avant mardi, date anniversaire de l'invasion russe en Ukraine. Mais la Hongrie a annoncé ce week-end son intention de bloquer cette adoption, exigeant la reprise des livraisons de pétrole russe via l'oléoduc Droujba, actuellement endommagé.
La cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, a confirmé que l'Union européenne ne serait pas en mesure d'adopter lundi de nouvelles sanctions en raison de ce veto hongrois. « Nous avons entendu des déclarations très fermes de la part de la Hongrie, je ne vois malheureusement pas vraiment comment ils pourraient revenir sur la position qu'ils défendent aujourd'hui », a-t-elle déclaré.
Le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, s'est néanmoins montré confiant : « La question n'est pas de savoir s'il sera adopté. Il le sera, c'est une certitude. Mais quand il le sera, et de ce point de vue-là, chacun doit tenir ses engagements ».
Les tensions diplomatiques s'intensifient
Le chancelier allemand Friedrich Merz a pour sa part dénoncé « la barbarie » de la Russie de Poutine, affirmant que « la Russie n'est pas en train de gagner cette guerre ». Il a exhorté ses « partenaires européens à ne pas relâcher leurs efforts dans le soutien apporté conjointement à l'Ukraine ».
Le ministre des affaires étrangères allemand, Johann Wadephul, s'est dit « stupéfié par la position hongroise », tandis que son homologue estonien, Margus Tsahkna, a averti : « Si nous ne sommes pas en mesure d'imposer des sanctions à la Russie, alors la Russie sera satisfaite ».
Les développements militaires et les attaques
Parallèlement aux tensions diplomatiques, la situation militaire sur le terrain reste tendue :
- Une station de l'oléoduc Droujba a été attaquée dans la nuit de dimanche à lundi en République du Tatarstan
- La défense aérienne ukrainienne annonce avoir détruit 105 drones sur les 126 lancés par la Russie
- Trois personnes ont été tuées et plusieurs blessées dans des frappes russes à la veille de l'anniversaire de l'invasion
- Volodymyr Zelensky affirme dans un entretien à la BBC que « Vladimir Poutine a déjà commencé la troisième guerre mondiale »
Le président ukrainien a rejeté toute concession territoriale en échange d'un cessez-le-feu, insistant sur la nécessité de « pressions militaires et économiques intenses » pour contraindre la Russie à reculer.
Les enjeux stratégiques et énergétiques
Le blocage hongrois s'inscrit dans un contexte plus large de tensions énergétiques. La Hongrie et la Slovaquie accusent l'Ukraine d'empêcher la réouverture de l'oléoduc Droujba, endommagé selon Kiev par des frappes russes. La Slovaquie affirme que cet oléoduc a été réparé, mais que Kiev continue à le maintenir fermé pour faire pression sur ces deux pays, hostiles à l'adhésion de l'Ukraine à l'UE.
Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a assuré qu'il bloquerait également l'adoption d'un prêt de 90 milliards d'euros en faveur de l'Ukraine, décidé en décembre, pour les mêmes raisons.
Alors que le conflit entre dans sa cinquième année, les divisions au sein de l'Union européenne sur la réponse à apporter à l'agression russe continuent de se manifester, avec des conséquences potentielles sur la cohésion européenne et le soutien à l'Ukraine.



