La chronique de Pierre Haski
Face à Trump, la « leçon de Pékin » aux Européens
Avant les prochains sommets du G7 et de l’Otan, deux rendez-vous de grande importance avec le président américain, les dirigeants européens feraient bien de tirer les enseignements de sa récente visite en Chine.
L’une des grandes leçons de la visite de Donald Trump à Pékin s’adresse aux Européens : la fermeté paie. La Chine a fait la démonstration éclatante qu’elle avait changé le rapport de force en résistant à l’administration Trump lorsque celle-ci a tenté, au début du mandat, de la faire plier en imposant 145 % de droits de douane aux importations chinoises. Pékin avait répliqué en lançant un embargo sur les terres rares, ces minerais sur lesquels la Chine a construit une position dominante dans le raffinage. Et c’est Trump qui avait reculé.
Résultat, non seulement le président américain s’est rendu à Pékin en qualifiant Xi Jinping de « grand leader », mais il a multiplié les gestes aimables sans pour autant obtenir la levée des mécanismes de contrôle des exportations de terres rares.
Les Européens, à l’opposé, ont passé la première année du second mandat de Trump à le prendre dans le sens de son ego surdimensionné, en espérant calmer son agressivité à l’égard du Vieux Continent. Pour n’obtenir que mépris et hostilité, de l’arrêt de l’aide à l’Ukraine au retrait de troupes d’Allemagne.
Cette chronique montre que la stratégie de soumission n’a pas fonctionné. Les dirigeants européens doivent comprendre que, face à Trump, seule une position ferme, comme celle adoptée par Pékin, peut rétablir un équilibre. Alors que les sommets du G7 et de l’Otan approchent, il est temps pour l’Europe de changer de tactique et de s’inspirer de la « leçon de Pékin ».



