Brexit : 10 ans après, la ministre des Finances britannique prône un rapprochement avec l'UE
Brexit : 10 ans après, le Royaume-Uni veut se rapprocher de l'UE

Une intégration européenne renforcée pour doper l'économie britannique

Dix ans après le vote historique du Brexit, la ministre des Finances britannique, Rachel Reeves, plaide pour une intégration plus étroite avec l'Europe afin de relancer une économie à la peine. Dans des éléments de discours transmis à l'avance aux médias, la chancelière de l'Échiquier affirme que le renforcement des liens commerciaux avec l'Union européenne constitue le meilleur atout pour la croissance économique du Royaume-Uni.

Trois grands blocs économiques, mais un seul à proximité

"Il existe trois grands blocs économiques : les États-Unis, la Chine et l'Europe", déclare Rachel Reeves. "Nous chercherons toujours toutes les occasions de développer notre économie et ces relations commerciales, mais en fin de compte, une seule est à notre porte, et donc le plus grand atout est une intégration plus étroite avec l'Europe".

Cette position marque un changement notable dans le discours officiel britannique, alors que le gouvernement adopte traditionnellement une position prudente sur les relations avec l'UE pour ne pas mécontenter les partisans du Brexit. Cependant, selon le journal The Telegraph, Rachel Reeves devait préciser que la Grande-Bretagne ne s'alignerait sur les réglementations européennes que lorsque cela serait dans l'intérêt national.

Des relations commerciales prioritaires avec le continent

En avril dernier, la ministre avait déjà affirmé que les relations commerciales de la Grande-Bretagne avec l'Europe étaient "sans doute encore plus importantes" que ses liens avec les États-Unis, en raison notamment de leur proximité géographique. Cette analyse économique semble désormais partagée au plus haut niveau du gouvernement.

Le Premier ministre Keir Starmer, interrogé début janvier sur la façon de relancer l'économie britannique, avait lui aussi estimé que le Royaume-Uni devait encore renforcer ses liens avec l'UE. "Je pense qu'il est dans notre intérêt national d'aller plus loin", avait-il déclaré sur la BBC, évoquant la possibilité d'un "alignement encore plus étroit avec le marché unique".

Un contexte politique délicat

La chancelière de l'Échiquier et le Premier ministre tentent d'honorer leurs promesses faites aux électeurs d'accélérer la croissance économique britannique, dans un contexte politique délicat marqué par l'affaire Epstein. Le gouvernement doit naviguer entre la nécessité économique d'un rapprochement avec l'Europe et la sensibilité politique entourant l'héritage du Brexit.

Cette déclaration intervient alors que le Royaume-Uni célèbre le dixième anniversaire du référendum ayant conduit à sa sortie de l'Union européenne. Elle témoigne d'une évolution pragmatique dans l'approche des relations transmanche, où les considérations économiques semblent progressivement prendre le pas sur les positions idéologiques.