Les survivants des prisons de Loukachenko témoignent : « Ils veulent nous briser »
Dans une cellule reconstituée à Vilnius, en Lituanie, Dzmitry Kazlou, ancien prisonnier politique biélorusse, pose le 11 mars 2026. Son regard hanté évoque les violences subies dans les geôles du régime d'Alexandre Loukachenko. Comme lui, d'autres survivants libérés et expulsés vers la Lituanie fin 2025 racontent au Nouvel Obs l'enfer carcéral de Minsk, marqué par des tortures, des humiliations systématiques et un isolement cruel.
Des scènes d'horreur dans les prisons biélorusses
Les témoignages recueillis décrivent des pratiques inhumaines : un détenu nu, tremblant, forcé de se pencher devant des gardes vérifiant son anus ; un autre subissant des coups de lanière en cuir, la mâchoire serrée, en pleurs ; un troisième contraint de regarder son fils agressé sexuellement par un maton. Ces récits illustrent une stratégie délibérée de brisement psychologique et physique.
Depuis 1994, la Biélorussie est dirigée par l'autocrate Alexandre Loukachenko, allié indéfectible de Vladimir Poutine. Toute opposition y est sévèrement réprimée, comme lors des manifestations de 2020 sur la place Tikhanovskaïa à Minsk, après une élection frauduleuse. Les prisonniers politiques deviennent alors des cibles privilégiées du régime.
Une vigilance de tout instant pour éviter le retour
Les survivants, aujourd'hui en exil, vivent dans la peur constante d'être renvoyés en Biélorussie. Leur libération et expulsion vers la Lituanie ne signifient pas la fin de leurs cauchemars. Ils décrivent un système carcéral conçu pour déshumaniser, où les détenus sont traités comme des objets, privés de dignité et soumis à des violences quotidiennes.
Leurs récits mettent en lumière l'ampleur des violations des droits humains en Biélorussie, un pays où la répression politique s'est intensifiée ces dernières années. La communauté internationale reste souvent silencieuse face à ces atrocités, malgré les appels répétés des organisations de défense des droits.
Pour ces anciens prisonniers, témoigner devient un acte de résistance, une manière de dénoncer l'impunité du régime de Loukachenko. Mais chaque parole prononcée s'accompagne de la crainte de représailles contre leurs proches restés au pays, ajoutant une couche supplémentaire de traumatisme à leur existence en exil.



