En plein conflit avec les États-Unis et Israël, la chasse aux opposants à la République islamique n'a pas de frontière. Si le régime s'attache depuis toujours à museler toute contestation sur son propre sol, il déploie également un arsenal particulièrement sophistiqué pour surveiller sa diaspora à l'étranger. Cette pression s'est accentuée avec la récente mise en lumière, par la presse proche du pouvoir à Téhéran, d'un nouvel outil de surveillance.
Un nouvel outil de délation
Son nom : « Hafezeh ma » (« Notre mémoire »). Présentée comme « indépendante », cette plateforme de délation vise à identifier ceux qui ont « participé aux crimes des États-Unis et du régime sioniste (NDLR : Israël dans le jargon officiel) contre le peuple iranien ». Et ce dans l'optique de les livrer à la justice et de confisquer leurs avoirs « afin de compenser les dommages subis par la population » lors des bombardements américano-israéliens.
Accessible depuis l'étranger
Le site est accessible depuis l'étranger, contrairement à beaucoup de services en ligne hébergés en Iran, du fait du blocage numérique imposé par le pouvoir depuis le 28 février. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large de répression transnationale, où la technologie est utilisée pour étendre le contrôle au-delà des frontières. Les opposants en exil sont ainsi directement ciblés, risquant dénonciations, poursuites judiciaires et saisies de biens.



