La réalisatrice iranienne Sépideh Farsi, exilée en France depuis plus de quarante ans, exprime son inquiétude face à la répression des autorités iraniennes contre les manifestants. Elle qualifie la situation de "catastrophe absolue".
Un bilan humain lourd
Après le rétablissement des communications en Iran, on apprend qu'il y aurait plus de deux mille morts, des milliers d'arrestations et un jeune homme condamné à mort, qui pourrait être exécuté ce mercredi. Sépideh Farsi témoigne : "Le cousin de mon ami a été tué par balles, il est mort dans les bras de sa fille. Beaucoup de personnes ont disparu, je n'ai aucune nouvelle de ma famille depuis jeudi."
Le jeune condamné s'appelle Erfan Soltani, vingt-six ans, et doit être pendu. Les autorités rendent les corps à condition que les familles versent sept cents euros, une somme astronomique équivalant au prix d'une maison.
Une colère inédite
Selon la cinéaste, cette révolte marque un tournant : "L'ampleur est inédite. La grande majorité des Iraniens ne veulent plus de ce régime." Elle précise que les attaques israélo-américaines avaient temporairement soudé la population, mais la répression s'est intensifiée. "2025 a été une des années les plus meurtrières en termes d'exécutions."
La peur et la détermination
"Aujourd'hui, il y a beaucoup de funérailles. Les gens crient leur révolte même durant ces moments-là. Mais ils ont peur d'aller manifester, car c'est aller au-devant des balles."
Les menaces de Trump
Donald Trump a renouvelé ses menaces envers l'Iran. Sépideh Farsi craint une intervention militaire américaine : "Une ingérence étrangère fausserait le jeu et empêcherait les Iraniens d'aboutir à une vraie démocratie." Elle appelle à une commission d'enquête indépendante et à des condamnations fermes de l'ONU et de l'Europe.
Le rôle de Reza Pahlavi
Le fils du Shah, Reza Pahlavi, est la seule figure d'opposition à l'étranger qui peut parler librement. Il bénéficie du soutien d'Israël et des États-Unis. "Une partie des Iraniens scande son nom, mais je ne crois pas qu'ils soient majoritaires. Aujourd'hui, il faut d'abord arrêter le carnage."
Un avenir incertain
Sans leader, renverser le régime est plus difficile. Sépideh Farsi rappelle qu'en 1978, le même discours prévalait avec Khomeiny, qui avait promis de se retirer mais ne l'a pas fait. "Nous sommes traumatisés par ce scénario."



