Flottille pour Gaza : l'avocate du Montpelliérain expulsé dénonce des traitements
Flottille Gaza : avocate du Montpelliérain expulsé réagit

Expulsion d'Enzo Pianetti : l'avocate dénonce des violations

Le Montpelliérain Enzo Pianetti, interpellé jeudi 2 octobre alors qu'il se trouvait à bord du navire Sirius de la flottille humanitaire Global Sumud, a été expulsé vers la Grèce ce lundi 6 octobre. Il devrait regagner la France dans les prochains jours. Son avocate, Me Anouck Michelin, du Barreau de Paris, exprime son indignation face aux conditions de détention et au traitement réservé aux militants.

Des civils traités comme des terroristes

Me Michelin, qui représente Enzo Pianetti et d'autres ressortissants français, dénonce un silence alarmant des autorités israéliennes. "Nous sommes cinq avocats à assurer la représentation des 30 ressortissants français. Par sous-groupes, nous tâchons de garder le lien avec chacun d'eux et de prévenir leurs familles", explique-t-elle. "Nous sommes quatre jours après l'interpellation d'Enzo Pianetti et je n'ai pas eu de contact direct avec lui. Les autorités israéliennes nous ont signalé que tous les ressortissants interpellés allaient bien. Mais ces informations semblent contraires aux révélations de militants déjà rapatriés qui dénoncent de mauvais traitements." Pour l'avocate, ce silence est alarmant. "On s'inquiète d'abord pour la sécurité d'Enzo et celle de nos autres clients. Ce sont des civils qui ont été traités comme des terroristes."

Détention à Ketziot et rapatriement en Grèce

À la suite de leur arrestation, les équipages de la flottille ont été transférés au centre de détention de Ketziot. "Ils ont été détenus dans une prison de haute sécurité mais on ne sait pas ce qu'il s'y est passé. L'armée se dit pacifique mais les équipages ont été retenus illégalement." Aux dernières nouvelles, les ressortissants français auraient été rapatriés à Athènes ce lundi 6 octobre. "Rien ne justifie qu'ils n'aient pas été renvoyés en France directement, s'irrite l'avocate. Ils se retrouvent en Grèce, n'ont rien, ni argent, ni téléphone et on leur demande de se débrouiller."

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Le rôle d'Enzo Pianetti : photographe et vidéaste

Enzo Pianetti, photographe et vidéaste montpelliérain, était à bord principalement pour des raisons techniques. Il devait capturer des images pour un film documentaire sur le convoi. "Comme les 500 passagers de la flottille, Enzo s'est engagé dans ce voyage pour témoigner de sa lassitude face à l'inaction de l'État français qui est pourtant témoin d'une situation de famine et de génocide reconnue par l'ONU", explique son avocate. Victoria Sebaoun, une amie proche, le décrit comme un garçon "humain et sensible". "J'ai su un mois avant son départ qu'il allait participer à la mission. Comme tous les militants, il espérait pouvoir faire tomber le blocus, explique-t-elle. Il voulait participer, à son échelle, pour essayer de changer les choses."

Interpellations jugées illégales selon le droit maritime

Une fois les ressortissants français revenus sur le territoire, Me Michelin aura la responsabilité de les accompagner "dans les démarches légales qui mettront en lumière les manquements de l'État français à leur égard". "Le convoi humanitaire circulait en toute légalité d'après le droit maritime. Les navigants ne prenaient aucun risque. La mission était pacifique et humanitaire. Ils n'auraient pas dû être arraisonnés, même à leur arrivée à Gaza puisque le territoire est occupé illégalement par les forces israéliennes." Les navires, qui circulaient dans les eaux internationales, "ont donc été stoppés illégalement", tout comme ceux de la flottille de la liberté arraisonnée mi-juin. Pour l'avocate, l'État français a donc sa part de responsabilité. "Le fait que la France refuse de prendre position publiquement pour s'opposer aux interventions d'Israël contribue à la récurrence de leurs violations du droit international."

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Attaques et intimidations subies à bord

Aux conditions de détention supposément difficiles, viennent s'ajouter les multiples attaques et tentatives d'intimidation vécues à bord par les militants. "Nous avons gardé contact durant toute la traversée. Ils ont subi de multiples attaques de drones, les navires ont été encerclés par des sous-marins, les forces israéliennes se sont faufilées entre les bateaux de nuit et sans lumière afin de maintenir un état de peur, des hommes surarmés sont montés à bord. Ce sont des méthodes excessives pour un convoi pacifique", conclut l'avocate.