Exécution d'un Français en Chine : Paris dénonce une violation des droits
Exécution d'un Français en Chine : Paris dénonce

Exécution d'un ressortissant français en Chine : le gouvernement français exprime sa consternation

Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé samedi l'exécution de Chan Thao Phoumy, un Français de 62 ans, dans la ville de Canton, dans le sud de la Chine. Cette exécution intervient après seize longues années passées dans le couloir de la mort, malgré les efforts diplomatiques intenses déployés par les autorités françaises pour obtenir une mesure de clémence à titre humanitaire.

Un parcours judiciaire complexe et une condamnation controversée

Chan Thao Phoumy, né au Laos, avait été initialement arrêté en 2005 et condamné à la prison à perpétuité. Cependant, l'apparition de ce que les autorités chinoises ont qualifié d'« éléments nouveaux » a conduit à un nouveau procès. En 2010, un tribunal de Canton l'a finalement condamné à la peine capitale pour des accusations liées à la fabrication, au transport, à la contrebande et au trafic de méthamphétamine.

Les autorités chinoises l'accusaient d'avoir fait partie d'un réseau criminel qui aurait produit plusieurs tonnes de cette drogue synthétique sur le territoire chinois entre 1999 et 2003. Malgré ces accusations, le ministère français a vivement critiqué les conditions de ce procès, soulignant particulièrement que la défense de M. Chan n'avait pas eu accès à la dernière audience devant le tribunal.

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« Nous regrettons particulièrement que la défense de M. Chan n'ait pas eu accès à la dernière audience au tribunal, ce qui constitue une violation des droits de l'intéressé », a déclaré le Quai d'Orsay dans son communiqué officiel.

La position ferme de la France contre la peine capitale

Dans sa réaction officielle, le gouvernement français a exprimé sa « consternation » face à cette exécution et a réaffirmé avec force son opposition fondamentale à la peine de mort « partout et en toutes circonstances ». Le ministère a également profité de cette annonce pour renouveler son appel en faveur de « l'abolition universelle » de cette pratique.

Cette prise de position s'inscrit dans la ligne diplomatique constante de la France, qui milite activement contre la peine capitale à travers le monde. Le cas de Chan Thao Phoumy illustre les limites de l'influence diplomatique face aux systèmes judiciaires souverains des autres nations, même lorsque des ressortissants français sont concernés.

Le contexte international des condamnations à mort concernant des Français

Selon les données compilées par l'association Ensemble contre la peine de mort (ECPM) en 2025, Chan Thao Phoumy faisait partie d'un groupe de quatre Français condamnés à mort dans différents pays du monde. Les autres cas recensés incluent Nora Lalam, condamnée en Algérie en 2005, ainsi que Stéphane Aït Idir et Redouane Hammadi, condamnés au Maroc pour leur implication présumée dans l'attentat de Marrakech de 1994.

Un autre cas notable est celui de Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie en 2007, qui a bénéficié d'un accord diplomatique entre la France et l'Indonésie. Transféré en France en février 2025, sa peine a été commuée par la justice française en trente ans de réclusion criminelle, et il a finalement recouvré la liberté en juillet de la même année.

La Chine, premier pays exécuteur au monde selon Amnesty International

Le rapport 2024 d'Amnesty International sur la peine de mort place la Chine en tête des pays procédant au plus grand nombre d'exécutions dans le monde. L'organisation non gouvernementale estime que des « milliers de personnes condamnées à mort et exécutées » le sont chaque année sur le territoire chinois.

Cette situation est d'autant plus préoccupante que la Chine maintient un secret absolu sur ses statistiques judiciaires en matière de peine capitale. Les données relatives au nombre d'exécutions et de condamnations à mort sont classées secret d'État, ce qui empêche toute vérification indépendante et tout débat public éclairé sur cette question sensible.

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L'exécution de Chan Thao Phoumy soulève donc des questions fondamentales sur les droits de la défense, l'accès à un procès équitable, et plus largement sur la pratique de la peine de mort dans un contexte international où la France continue de militer pour son abolition complète et définitive.