Un cri du cœur depuis Montpellier
Dans une tribune publiée par Lignes ouvertes, Mehdi Farhangfard, réfugié iranien installé à Montpellier, lance un appel vibrant à l'Europe. Il l'accuse d'être "complice" et "indifférente" en ne soutenant pas les États-Unis et Israël dans la guerre contre l'Iran. Chaque week-end, il participe à des rassemblements sur la place de la Comédie.
"C'est avec les yeux brûlants de larmes et le cœur broyé que j'adresse ce cri", écrit-il. "Je ne maîtrise pas encore les subtilités de votre langue ; ce sont des outils de traduction qui me prêtent leurs mots pour vous dire mon agonie. Mais j'ai choisi votre rédaction car j'ai compris que vous aviez l'audace de donner une voix aux sans-voix."
L'horreur vécue en Iran
Farhangfard décrit son pays comme un lieu où "l'oxygène est remplacé par l'odeur du sang". Il dénonce les atrocités commises par le régime : "Des mercenaires déshumanisés piétinent les cadavres de mes frères. On ne tire pas pour disperser, on tire pour aveugler l'avenir."
Il évoque des scènes insoutenables : à Racht, les autorités ont incendié le marché et empêché les pompiers d'intervenir ; dans les hôpitaux, des blessés ont été achevés par des tirs de grâce ou laissés geler dans les morgues. "Ce n'est pas de la politique, c'est une pathologie criminelle", assène-t-il.
Le sort des femmes et des jeunes filles
Le réfugié dénonce également les violences faites aux femmes : "Selon leur idéologie fanatique, une jeune fille vierge est promise au paradis. Alors, pour leur 'barrer les portes du ciel', ils violent ces jeunes filles systématiquement avant de les pendre. Le viol devient une procédure religieuse et étatique."
L'indifférence de l'Europe et de l'ONU
Farhangfard fustige la diplomatie internationale : "Voir l'ONU nommer la République islamique à la tête d'instances sur les droits de l'homme est une insulte aux morts." Il critique aussi des figures comme Golshifteh Farahani, qui s'opposent à une aide internationale au nom de "convictions personnelles", qualifiant cela de "trahison".
"Il est facile de philosopher sur la paix depuis les salons parisiens. Mais pour nous, ce que certains appellent 'ingérence', c'est un 'sauvetage'. En 1944, la France n'a pas plaidé pour sa souveraineté face aux nazis ; elle a embrassé ses libérateurs."
Un appel à la solidarité
Le réfugié conclut en tendant la main : "Nous sommes le peuple de Cyrus le Grand. Nous tendons la main vers vous pour crier nos valeurs communes : Liberté, Égalité, Fraternité."
Des rassemblements ont lieu chaque samedi sur la place de la Comédie à Montpellier pour soutenir l'opposition iranienne.



