Apotres de l'islamisme : dix ans après, que sont-ils devenus ?
Apotres de l'islamisme : dix ans après, que sont-ils devenus ?

Dix ans après avoir fait la une des médias, les figures de proue de l'islamisme radical en France ont connu des destins variés. Certains sont devenus des complotistes sur YouTube, d'autres se sont retirés de la vie publique, selon une enquête du Point.

Une génération perdue

En 2014, une vague de jeunes Français partait en Syrie pour rejoindre l'État islamique. Parmi eux, des "apotres" de l'islamisme radical, comme Mohamed Merah ou les frères Kouachi, ont marqué les esprits. Mais que sont-ils devenus ?

Selon les données du ministère de l'Intérieur, sur les 1 900 Français partis en Syrie, environ 300 sont morts, 400 sont revenus et 200 sont toujours sur zone. Les autres ont été tués ou sont en détention.

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De la radicalisation au complotisme

Certains de ces anciens djihadistes ont trouvé une nouvelle voie sur YouTube. "On est passé de ministres à complotistes de YouTube", explique un ancien radicalisé interrogé par Le Point. "Ils recyclent leur discours de haine en théories du complot."

Parmi eux, un ancien cadre de l'État islamique devenu "influenceur" complotiste cumule plus de 100 000 abonnés sur sa chaîne. Il y dénonce le "système" et appelle à la désobéissance civile.

Un suivi insuffisant

Les autorités peinent à suivre ces reconversions. "Ils ne sont plus fichés S, mais ils restent dangereux", selon une source policière. "Leur audience est moins importante, mais ils continuent de diffuser un discours de haine."

Le phénomène inquiète les spécialistes de la radicalisation. "Ces anciens djihadistes deviennent des gourous du complot, attirant un public plus large que celui de la radicalisation classique", analyse un chercheur au CNRS.

Des parcours divers

Tous n'ont pas choisi cette voie. Certains se sont réinsérés dans la société, aidés par des associations. D'autres sont en prison ou sous contrôle judiciaire. Mais la plupart restent dans l'ombre, surveillés de loin par les services de renseignement.

"Il y a une dizaine d'anciens djihadistes qui animent des chaînes YouTube complotistes", estime une source proche du dossier. "Leur nombre augmente, car ils ont perdu leur légitimité religieuse et se tournent vers le complotisme."

Un défi pour la société

Cette évolution pose un défi pour la lutte contre la radicalisation. "Il faut adapter notre réponse", plaide un responsable de la DGSI. "Ces individus ne sont plus des terroristes potentiels, mais ils contribuent à la polarisation de la société."

Pour l'instant, les autorités se concentrent sur les profils les plus actifs. Mais le phénomène pourrait s'amplifier avec la libération prochaine de nombreux détenus pour terrorisme.

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