Algérie : RSF dénonce une condamnation « inique » pour le journaliste Christophe Gleizes
Algérie : RSF dénonce une condamnation « inique »

Le journaliste Christophe Gleizes, collaborateur de So Foot et Society, a été condamné à sept ans de prison en Algérie pour apologie du terrorisme et possession de publications à visée de propagande. Thibaut Bruttin, directeur de Reporters sans frontières (RSF), qualifie cette décision d'« inique » et dénonce une instrumentalisation politique de la justice.

Une condamnation sans précédent

« Je n'ai jamais vu une condamnation aussi lourde pour un journaliste », déclare Thibaut Bruttin. Il souligne que les accusations n'ont « aucun lien réel avec son activité de journaliste » et que le juge a fait preuve d'une « complète incompréhension du métier ». Depuis mai 2024, Christophe Gleizes était soumis à un contrôle judiciaire absurde, devant pointer au commissariat sans pouvoir quitter l'Algérie.

Un contexte diplomatique tendu

L'affaire est restée confidentielle jusqu'au verdict, afin de ne pas l'envenimer par des tensions diplomatiques entre la France et l'Algérie. « On a vu que les méthodes plus publiques, plus agressives ne marchent pas non plus », explique Bruttin. Il rappelle que l'Algérie est classée 126e au classement mondial de la liberté de la presse et que les journalistes algériens subissent également des persécutions.

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« Les journalistes sont devenus des pions dans un jeu diplomatique qui les dépasse », ajoute-t-il, dénonçant une escalade des pressions judiciaires qui préexistait aux tensions actuelles.

Le soutien de RSF et la mobilisation

RSF a lancé une pétition qui a recueilli plus de 10 000 signatures en quelques jours. « C'est une façon de fédérer et de compter les personnes volontaires pour la libération de Christophe Gleizes », indique Bruttin. Il appelle à une mobilisation progressive pour laisser des marges de négociation, tout en recherchant une issue rapide.

Le journaliste a fait appel et son cas sera jugé en octobre. RSF espère que la cour d'appel reviendra sur ce jugement, mais n'exclut pas d'autres scénarios, comme une grâce présidentielle. « Ce qui est clair, c'est que la décision de première instance était hautement politique », insiste Bruttin.

Un phénomène global

Pour Thibaut Bruttin, le cas Gleizes est symptomatique d'une offensive contre le journalisme. « Les journalistes sont devenus des quasi-otages d'État, utilisés comme monnaie d'échange », conclut-il. Il appelle la présidence française et le ministère des Affaires étrangères à trouver une solution diplomatique, consulaire et politique pour permettre à Christophe Gleizes de rentrer chez lui.

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