Un jeune Russe fuit la guerre en Ukraine et trouve refuge à Arcachon auprès de sa tante
Un Russe fuit la guerre et trouve refuge à Arcachon

Un jeune Russe fuit la guerre en Ukraine et trouve refuge à Arcachon auprès de sa tante

Quatre années se sont écoulées depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le 24 février 2022. À Arcachon, Anton, un Russe d'origine ukrainienne âgé d'une vingtaine d'années, a récemment rejoint sa tante Anastasia, elle-même réfugiée de Kharkiv. Assis au fond du bar l'Estival, dans le quartier de l'Aiguillon, il partage son histoire, entre fuite du front et recherche d'asile en France.

La fuite face à la conscription militaire

Dès le début de l'invasion, Anton, alors étudiant en journalisme à Moscou, savait qu'il quitterait la Russie. « Tant que j'étudiais, j'avais un sursis militaire », explique-t-il. Après l'obtention de son diplôme, il commence un travail d'assistant comptable, mais deux mois plus tard, son employeur lui remet une convocation pour l'armée. « Le service militaire aujourd'hui c'est aller au front », regrette-t-il, ajoutant qu'il ne voulait pas tuer ses amis ou ses cousins en Ukraine.

Il invente alors une histoire pour quitter le pays, utilisant toutes ses économies. « Quand j'ai vu que ma demande était acceptée, j'ai pleuré », confie-t-il, la voix tremblante. Aujourd'hui, il ressent de la gratitude envers la France pour la sécurité et la liberté de pensée qu'il y trouve.

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Un conflit psychologique et la rupture des liens

Anton a grandi à Moscou avec sa mère, Ukrainienne de naissance. « Sur le passeport je suis Russe, mais je suis Ukrainien de nationalité », déclare-t-il. La guerre a interrompu ses visites en Ukraine, et Anastasia, sa tante, souligne : « C'est un conflit psychologique pour lui ».

Après le début de l'invasion, Anton a perdu la plupart de ses camarades à cause de divergences politiques. Seules sa mère et sa copine, opposées à la guerre, le retenaient en Russie. Il décrit une atmosphère de peur : « Tous les soirs, avant de parler librement avec ma mère, on vérifiait si les fenêtres et la porte étaient bien fermées car beaucoup de gens dénoncent les opposants ».

Il témoigne également de la propagande omniprésente : « Vous devez haïr l'Ukraine et Zelensky », lui répétaient ses professeurs à l'université.

Une vie au jour le jour et des espoirs pour l'avenir

Aujourd'hui, Anton vit à Arcachon, « au jour le jour », en attendant la réponse de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) sur sa demande d'asile. S'il a rejoint sa tante pour un ancrage familial, il vit seul. Anastasia, après sept déménagements en quatre ans, habite enfin dans un appartement stable avec sa fille. « Elle est contente, elle a une chambre, on ne dort plus sur un canapé-lit », confie-t-elle avec émotion.

Anton n'a pas renoncé à son rêve de devenir journaliste. En 2025, la Russie se classait 171e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse. « Quand je serais bon en Français, j'envisage de rejoindre les rédactions nationales », espère-t-il, cherchant à construire une nouvelle vie loin de la guerre et de l'oppression.

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