Guerre en Ukraine : la progression russe ralentit à 0,75% de territoire conquis en un an
Ukraine : progression russe ralentie à 0,75% en un an

La progression militaire russe en Ukraine ralentit considérablement

Après quatre années de guerre à grande échelle – et même douze ans de conflit depuis l'annexion illégale de la Crimée –, la Russie n'occupe toujours qu'un peu moins de 20% du territoire ukrainien. Cette situation contraste fortement avec les ambitions initiales de Moscou et révèle un net ralentissement des avancées territoriales.

Des gains territoriaux réduits à peau de chagrin

Au cours de l'année écoulée, entre février 2025 et février 2026, l'armée russe n'a conquis que 0,75% de territoire supplémentaire selon les données de l'Institute for the Study of War, une organisation non gouvernementale américaine. Ces chiffres, complétés par les calculs du Monde à partir de relevés cartographiques détaillés, montrent une réalité bien différente du discours triomphaliste de la propagande russe, parfois repris par Washington.

Les 4 500 kilomètres carrés grignotés en un an – soit environ 380 km² par mois en moyenne – sont en effet bien loin des 116 000 km² capturés lors des cinq premières semaines de l'invasion russe, entre février et mars 2022. Cette différence spectaculaire illustre l'évolution du conflit et la résistance ukrainienne.

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Une avancée quotidienne mesurée en mètres

Les calculs du Center for Strategic and International Studies (CSIS), un cercle de réflexion de Washington spécialisé dans les questions de sécurité, révèlent des avancées encore plus modestes. Moscou a progressé de seulement 15 à 297 mètres par jour en 2025 selon les différents fronts.

Lors des batailles de Koupiansk et de Pokrovsk, cette avancée n'a été respectivement que de 23 et 70 mètres – des chiffres bien inférieurs à ceux des armées alliées lors de la bataille de la Somme en 1916. À ce rythme, il faudrait théoriquement cent neuf ans à Moscou pour conquérir l'ensemble du territoire ukrainien.

Une analyse nuancée nécessaire

Le chercheur Yohann Michel, de l'Institut d'études de stratégie et de défense de Lyon-III, appelle toutefois à nuancer l'interprétation de cette lente progression. Il souligne que tous les kilomètres carrés ne se valent pas sur le plan stratégique.

« Conquérir une ville fortifiée ou une plaine céréalière n'a pas le même coût humain et matériel », explique le spécialiste. Pour le camp attaqué, « c'est un peu comme si vous défendiez votre territoire à partir du Morvan, avec son relief de moyenne montagne qui demande moins de moyens, et qu'ensuite vous débouchiez sur le Bassin parisien : ce ne sont pas des territoires qui se défendent de la même manière ».

Un conflit qui s'enlise

Ce ralentissement significatif de la progression russe témoigne de plusieurs réalités :

  • La résistance opiniâtre des forces ukrainiennes
  • Les difficultés logistiques croissantes de l'armée russe
  • L'impact des sanctions internationales sur les capacités militaires de Moscou
  • L'évolution des tactiques de défense ukrainiennes

Alors que le conflit entre dans sa cinquième année, ces données cartographiques précises offrent une perspective réaliste sur l'état des lignes de front et les dynamiques territoriales. Elles contredisent les affirmations de percées décisives et soulignent plutôt un enlisement progressif du conflit, avec des gains territoriaux qui se mesurent désormais en pourcentages décimaux plutôt qu'en régions entières.

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