Washington refuse d'imposer un calendrier pour la fin de la guerre en Ukraine
L'administration américaine n'a fixé aucune date limite pour mettre un terme au conflit qui oppose la Russie à l'Ukraine, a déclaré lundi Matthew Whitaker, ambassadeur des États-Unis auprès de l'OTAN. Cette prise de position intervient alors que les combats continuent de faire rage sur le terrain, avec des pertes civiles et militaires importantes.
Une position américaine claire sur les négociations
« La date butoir de juin a été évoquée par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Les États-Unis n'ont pas imposé une telle échéance », a précisé Matthew Whitaker lors d'une discussion préparatoire à la Conférence sur la sécurité de Munich. Le diplomate a ajouté que « les délais sont très dangereux dans cette situation ».
Whitaker a néanmoins souligné l'engagement de Washington à œuvrer pour parvenir à un accord de paix. « Nous voulons que les combats cessent. Nous voulons que les deux parties s'entendent sur une solution pacifique. Nous préférerions que cela arrive le plus tôt possible », a-t-il déclaré, mentionnant les efforts de médiation menés par Steve Witkoff et Jared Kushner.
Les tensions diplomatiques persistent
Cette déclaration américaine survient dans un contexte de tensions diplomatiques accrues. Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe, a accusé Washington de ne pas respecter les « accords d'Anchorage » conclus en août 2025 et de privilégier une politique de « domination économique » mondiale. La Maison Blanche n'a jamais confirmé l'existence de tels accords.
Parallèlement, la coopération militaire entre l'Ukraine et ses alliés se renforce. Le ministre de la défense ukrainien a annoncé la signature d'une lettre d'intention avec la France pour développer la production conjointe d'armement, après la visite à Kiev de son homologue française, Catherine Vautrin.
La situation sur le terrain reste critique
Sur le front, les combats continuent avec une intensité soutenue. L'armée ukrainienne affirme avoir « stabilisé le front et infligé des pertes record à l'armée russe » en janvier. Selon les chiffres avancés par Kiev, « 31 700 soldats russes ont été neutralisés le mois dernier, soit 9 000 de plus que les effectifs reconstitués par Moscou sur la même période ».
Les attaques russes contre les infrastructures civiles se poursuivent également. L'Ukraine a été attaquée par 11 missiles balistiques et 149 drones russes pendant la nuit de dimanche à lundi, provoquant des coupures d'électricité dans plusieurs régions et faisant au moins quatre morts civils.
Les développements récents du conflit
Plusieurs événements marquants ont été rapportés ces derniers jours :
- Un pétrolier de la flotte fantôme russe, l'Aquila II, a été intercepté dans l'océan Indien par l'armée américaine pour violation des sanctions.
- Des installations de la plus grande entreprise pétrolière et gazière d'Ukraine, Naftogaz, ont été touchées pour la deuxième journée consécutive par des attaques russes.
- L'auteur présumé de la tentative d'assassinat d'un haut responsable militaire russe, le général Vladimir Alekseïev, dit avoir été recruté par Kiev selon le FSB.
- L'Ukraine a reçu 17 cargaisons humanitaires pour soutenir son secteur énergétique, comprenant 774 groupes électrogènes et 40 unités modulaires.
La bataille de Pokrovsk s'intensifie
Sur le plan militaire, la situation à Pokrovsk, important nœud logistico-ferroviaire situé dans l'oblast de Donetsk, continue de se dégrader. Les analystes ukrainiens de DeepState rapportent que « l'ennemi déplace son infanterie vers la partie nord de Pokrovsk » et que « l'accès à la ville est fortement restreint ».
En janvier, l'armée russe a largué 1 340 bombes guidées dans le secteur de Pokrovsk, ce qui représente une augmentation de 65% par rapport à décembre. « L'ennemi raye littéralement nos villes et villages de la surface de la Terre », a dénoncé le 7e corps de réaction rapide des forces ukrainiennes aéroportées.
Les perspectives de paix restent incertaines
Alors que les États-Unis insistent sur leur volonté de parvenir à une solution pacifique sans imposer de calendrier contraignant, les conditions sur le terrain rendent toute négociation complexe. La ministre française de la défense, Catherine Vautrin, a rencontré Volodymyr Zelensky samedi à Kiev pour discuter « des mesures urgentes à prendre pour assurer la résistance de l'Ukraine ».
Le président ukrainien a quant à lui déclaré que « Moscou doit être privé de la possibilité d'utiliser le froid comme moyen de pression contre l'Ukraine », faisant référence aux attaques répétées contre le réseau énergétique ukrainien.