Le ministre ukrainien accuse Moscou d'abandonner ses alliés
Dans une déclaration cinglante publiée sur les réseaux sociaux, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha a fustigé l'attitude de la Russie envers son allié iranien. « Moscou trahira toujours ceux qui comptent sur son soutien », a-t-il affirmé, soulignant que « le manque de soutien de ses alliés est particulièrement flagrant, la Russie étant notamment absente » alors que le régime iranien traverse des difficultés.
Des accusations précises
Le chef de la diplomatie ukrainienne a développé ses critiques :
- La Russie ne s'est pas précipitée pour secourir l'Iran
- Moscou n'a pas publié de déclaration officielle au nom des BRICS malgré l'adhésion iranienne il y a deux ans
- Seules des condoléances ont été présentées après la mort du guide suprême iranien
« Poutine se soucie probablement davantage de la hausse des prix du pétrole que de ses partenaires à Téhéran », a ajouté M. Sybiha, rappelant les précédents d'abandon russe envers d'autres alliés comme Bachar al-Assad ou Nicolás Maduro.
La situation militaire reste tendue sur tous les fronts
Nouvelles victimes civiles en Ukraine
Les attaques russes ont fait au moins huit morts supplémentaires dans plusieurs régions ukrainiennes :
- Cinq personnes tuées dans l'oblast de Donetsk (trois à Kramatorsk et deux à Droujkivka)
- Une octogénaire morte dans l'oblast de Tchernihiv après la destruction de sa maison
- Un homme de 55 ans tué dans l'oblast de Dnipropetrovsk
- Un mort dans une attaque contre un train de banlieue dans la région de Dnipropetrovsk
Les frappes ont également privé d'électricité des habitants des oblasts de Donetsk, Soumy et Zaporijia après de nouvelles attaques contre les infrastructures énergétiques.
Riposte ukrainienne contre la Russie
L'armée ukrainienne a mené une attaque de drones contre le port stratégique de Novorossiïsk dans le kraï de Krasnodar. Un incendie s'est déclaré dans le terminal pétrolier Sheskharis, l'un des plus importants de Russie pour le stockage et le chargement de pétrole. Cinq personnes ont été blessées et plusieurs bâtiments endommagés.
Les préoccupations stratégiques de Kiev
Craintes sur les défenses aériennes
Le président Volodymyr Zelensky s'est dit préoccupé par un possible manque de munitions pour les systèmes de défense aérienne en cas de prolongation du conflit au Moyen-Orient. « Une guerre prolongée et l'intensité des hostilités vont affecter la quantité de défense aérienne pour nous », a-t-il déclaré, tout en assurant être en contact avec les partenaires occidentaux.
Avancées territoriales russes ralenties
Selon les analystes de DeepState, l'armée russe a conquis 126 kilomètres carrés de territoire ukrainien en février, soit deux fois moins qu'en janvier. Ce chiffre représente le niveau le plus bas depuis juillet 2024, même si les analystes notent que le nombre d'attaques n'a diminué que de 4% par rapport au mois précédent.
Le contexte politique et judiciaire
Espoirs de négociations
Malgré la guerre au Moyen-Orient, Volodymyr Zelensky espère toujours qu'une rencontre tripartite Ukraine-Russie-États-Unis puisse se tenir entre le 5 et le 8 mars. Abou Dhabi, la Turquie ou la Suisse pourraient accueillir ces pourparlers selon les déclarations du président ukrainien.
Répression en Russie
La Cour suprême russe a classé le Comité antiguerre de Russie (CAR) de l'opposant en exil Mikhaïl Khodorkovski comme « organisation terroriste », interdisant ses activités sur le territoire russe. Cette décision s'inscrit dans le contexte de répression des voix dissidentes en Russie.
Témoignages du terrain
Liudmyla, 77 ans, et son mari Viktor, 78 ans, ont dû fuir leur maison de Vouhledar dans l'oblast de Donetsk après le début de la guerre. Après neuf déménagements et un appartement endommagé par un missile, ils vivent maintenant dans un logement social près de Kiev. « Au début, je n'arrivais pas à le supporter », confie Liudmyla, « mais nous allons vivre. Nous n'allons pas mourir ».
Ivan, 25 ans, sergent dans une unité de secours d'urgence, intervient lors des frappes de missiles et de drones. « Le plus difficile, c'est que cela devienne la norme », explique-t-il, ajoutant que « les gens sont fatigués. Fatigués, mais ils tiennent bon ».
Ces témoignages illustrent la résilience de la population ukrainienne face à un conflit qui entre dans sa cinquième année, avec des perspectives de paix qui semblent encore lointaines malgré les efforts diplomatiques internationaux.



