Samedi 10 octobre, Donald Trump a déclaré qu'il était « temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président », critiquant Volodymyr Zelensky pour son incapacité à mettre fin à la guerre avec la Russie. « Je leur suggère de se doter d'un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord », a affirmé le président américain devant la presse à la Maison Blanche, condamnant les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes qui aggravent, selon lui, « le problème mondial » de pénurie de diesel. « Il a intérêt à arrêter », a-t-il mis en garde, au lendemain de l'annonce d'un accord controversé entre Moscou et Washington pour l'achat massif de diesel russe.
Un accord controversé sur le diesel russe
L'accord entre Washington et Moscou prévoit que la Russie livre 300 000 tonnes de diesel dès octobre aux États-Unis et sur le marché mondial, puis augmente ses livraisons jusqu'à 1 million de tonnes en décembre. Les prix du carburant aux États-Unis ont bondi depuis le déclenchement de la guerre contre l'Iran, et cet accord est perçu comme un moyen de soulager les consommateurs américains à moins d'un mois d'élections de mi-mandat cruciales pour la suite du mandat du milliardaire.
Avant les déclarations de Donald Trump, Volodymyr Zelensky avait dénoncé cet accord comme une « décision faible » de la part des États-Unis et une opportunité lucrative pour la Russie de renflouer sa trésorerie et de financer sa guerre. Kiev a également dénoncé une « décision faible » qui finance l'effort de guerre russe. L'annonce de cet accord fragilise les négociations américano-ukrainiennes amorcées la veille à Miami, en Floride, sous l'égide de l'émissaire Steve Witkoff.
Des frappes russes meurtrières persistent
Parallèlement, des frappes russes ont fait 20 morts à Zaporijjia et au moins six blessés à Kiev, provoquant des coupures d'électricité massives. « La Russie a exprimé ses remerciements pour la levée des sanctions sur les exportations de diesel en lâchant cinq bombes sur des immeubles résidentiels à Zaporijjia », a déclaré le président ukrainien. À Kiev, six personnes ont été blessées dans des frappes en pleine journée, dont cinq hospitalisées, a indiqué le maire Vitali Klitschko, tandis que le métro a été temporairement suspendu. « Ce que signifie le fait de permettre à la Russie de vendre des produits pétroliers vient de se faire entendre très clairement à Kiev », a dénoncé Volodymyr Zelensky sur X.
La France et l'Allemagne sollicitées
Volodymyr Zelensky a dit avoir discuté « des difficultés posées par l'allègement des sanctions sur les produits pétroliers » russes avec Emmanuel Macron. L'Élysée n'a pas immédiatement réagi. Berlin s'est limité à « prendre acte » de la décision américaine, mais a réaffirmé son soutien à Kiev et dit travailler « conjointement avec ses partenaires européens, à de nouvelles sanctions ». Vendredi, l'émissaire Steve Witkoff a qualifié de « constructives » les discussions à Miami avec les négociateurs ukrainiens, en présence de conseillers à la sécurité nationale de plusieurs pays européens, de la Commission européenne et de l'Otan. Mais le président ukrainien a dénoncé « un écran de fumée » après l'annonce de l'accord sur le diesel. Le Kremlin a affirmé que Vladimir Poutine avait « accueilli avec compréhension » des propositions américaines « de mesures visant à la désescalade » en Ukraine, sans plus de détails. La Russie a intensifié ses frappes ces derniers mois, faisant un nombre croissant de victimes civiles, et les coupures de courant à Kiev laissent présager un hiver difficile pour les habitants.