Le président américain Donald Trump a rejeté, vendredi 25 septembre 2026, une proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d'Ormuz sous sept jours, selon le Wall Street Journal. Il envisage en outre une reprise des frappes contre l'Iran après les élections législatives de mi-mandat prévues en novembre. Dans la soirée, il a publié sur son réseau Truth Social une carte du détroit avec la mention « Détroit Trump ».
Une offre iranienne assortie de conditions
L'Iran avait soumis plus tôt dans la journée une proposition aux États-Unis pour rouvrir ce passage stratégique, précisant que « le choix appartenait désormais » à Washington. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a déclaré depuis le siège de l'ONU à New York : « Le délai de sept jours commencera dès que les États-Unis accepteront ce plan. » Il a ajouté que les mesures exigées « ne sont pas nouvelles » et figurent dans le protocole d'accord signé en juin avec Washington, qui visait à mettre fin à la guerre, rouvrir le détroit et entamer des pourparlers sur le programme nucléaire iranien. Ce texte a toutefois fait l'objet d'interprétations divergentes et les discussions ont échoué.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé dans une interview à CBS : « Si les États-Unis acceptent de procéder de cette manière, tout reviendra comme avant », ajoutant que « le processus commencera le jour même où ils l'acceptent ». Il a aussi déclaré à Fox News : « C'est à l'Amérique de décider si elle veut ou non terminer » ce conflit.
Des conditions liées aux sanctions et aux avoirs gelés
Parmi les conditions fixées par Téhéran figurent la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban où l'armée israélienne combat le Hezbollah, le déblocage des avoirs iraniens gelés et la suppression des sanctions économiques. Le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi, a mentionné dans un entretien à l'AFP la fin des hostilités au Yémen comme condition supplémentaire. Les médias locaux ont estimé au printemps les avoirs iraniens gelés entre 100 et 123 milliards de dollars, en l'absence de chiffres officiels.
Le détroit d'Ormuz, par lequel transitaient avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est au cœur du conflit déclenché fin février par des frappes américaines et israéliennes sur l'Iran. Les États-Unis et Israël ont lancé ces opérations, et la fermeture du détroit a contribué à la flambée des prix du pétrole.
Un contexte politique tendu pour Trump
Donald Trump a annoncé mardi que des discussions avaient eu lieu à New York entre des responsables iraniens et américains en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Il a jusqu'à présent échoué à conclure des négociations pour rouvrir le détroit et tempérer les prix du pétrole. À l'approche des élections de mi-mandat du 3 novembre, cruciales pour son parti républicain, il est de plus en plus impopulaire en raison du coût de la vie élevé et de la hausse des carburants, causée en partie par la guerre et la fermeture du détroit.
Selon le Wall Street Journal, citant des responsables américains, Donald Trump serait sceptique quant à la capacité de Téhéran à répondre à ses exigences. La reprise des frappes après les élections semble désormais envisagée, tandis que la paix reste incertaine.