Donald Trump menace d'anéantir l'île pétrolière de Kharg, les cours du brut s'envolent
Trump menace Kharg, pétrole en hausse

Donald Trump brandit la menace de destruction contre le terminal pétrolier iranien

L'ancien président américain Donald Trump a considérablement durci le ton à l'égard de l'Iran ce lundi, en menaçant explicitement d'« anéantir » l'île de Kharg, le principal terminal pétrolier du pays. Cette déclaration belliqueuse intervient dans un contexte de pourparlers non confirmés entre Washington et Téhéran, visant notamment à rouvrir le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique bloquée par l'Iran.

Une escalade verbale qui fait flamber les marchés pétroliers

Les déclarations incendiaires de l'ancien locataire de la Maison Blanche ont immédiatement provoqué une nouvelle hausse des cours du pétrole, qui ont grimpé de 2,5% dans la matinée pour dépasser les 115 dollars le baril. Depuis le début du conflit déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne, les prix du brut ont déjà augmenté de plus de 50%, pesant lourdement sur l'économie mondiale.

Sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a réaffirmé que les États-Unis discutaient avec ce qu'il a qualifié de « nouveau régime plus raisonnable » en Iran, sans fournir aucun détail sur l'identité de ces interlocuteurs. « D'énormes progrès ont été réalisés mais, si pour une raison quelconque un accord n'est pas conclu rapidement, ce qui sera probablement le cas, et si le détroit d'Ormuz n'est pas immédiatement ouvert aux affaires, nous conclurons notre charmant séjour en Iran en faisant exploser et en anéantissant complètement toutes leurs centrales électriques, leurs puits de pétrole et l'île de Kharg », a-t-il écrit.

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Le détroit d'Ormuz, enjeu stratégique majeur

Le blocage par l'Iran de ce détroit par où transite habituellement un cinquième des hydrocarbures mondiaux continue de paralyser une partie significative du commerce international. Cette situation explique en grande partie la volatilité extrême des marchés énergétiques et les craintes des économistes quant à une crise mondiale d'approvisionnement.

La rhétorique de Donald Trump alterne constamment entre menaces militaires et ouvertures diplomatiques, créant une incertitude permanente. Dimanche, il avait déjà évoqué la possibilité d'une opération terrestre pour s'emparer du terminal de Kharg, qui assure environ 90% des exportations de brut iranien, affirmant vouloir « prendre le pétrole » du pays.

Renforcement militaire et accusations croisées

Samedi, le commandement militaire américain avait annoncé l'arrivée au Moyen-Orient d'un navire d'assaut amphibie à la tête d'un groupe naval comprenant environ 3 500 marins et soldats du corps des Marines. Ce déploiement a été interprété par Téhéran comme la préparation d'une offensive terrestre.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a dénoncé dimanche cette stratégie du double langage : « L'ennemi envoie publiquement des messages de négociation et de dialogue, tout en planifiant secrètement une offensive terrestre ». Il a ajouté une mise en garde menaçante : « Nos hommes attendent l'arrivée des soldats américains sur le terrain pour les attaquer et punir une bonne fois pour toutes leurs alliés régionaux ».

Intensification des frappes et lourdeur du bilan humain

Les bombardements se sont intensifiés ce week-end après une relative accalmie la semaine dernière. L'armée israélienne a annoncé lundi avoir ciblé une université de Téhéran dirigée par les Gardiens de la Révolution, affirmant que des recherches sur des armes de pointe y étaient menées.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA) a dénombré au moins 360 attaques en 24 heures dans 18 provinces iraniennes ce week-end. L'organisation Acled, qui compile les données sur les conflits, fait état lors du premier mois de guerre de près de 2 300 bombardements américains et israéliens, et de 1 160 frappes iraniennes en représailles.

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Le bilan humain continue de s'alourdir dramatiquement. Depuis le début du conflit, l'organisation HRANA a recensé près de 3 500 morts en Iran. Pour les civils iraniens, la vie quotidienne est devenue un calvaire. Elnaz, une peintre de 32 ans vivant à Téhéran, témoigne : « Sortir le soir ou simplement pouvoir me rendre dans un autre quartier de la ville, faire mes courses ailleurs que dans la petite épicerie de ma rue... toutes ces choses très simples me manquent ». Ce qui lui manque le plus, confie-t-elle, c'est « une nuit de sommeil paisible », loin de ces nuits où les attaques sont si intenses qu'elle a l'impression que « tout Téhéran tremble ».

Perspectives incertaines et initiatives diplomatiques

Donald Trump avait assuré dimanche qu'« un changement de régime » avait eu lieu en Iran après les morts des principaux dirigeants dans des bombardements, une affirmation non vérifiée indépendamment. Ces derniers jours, le Pakistan, voisin de l'Iran, s'est proposé pour « accueillir et faciliter » des « pourparlers significatifs » entre les deux pays belligérants.

La situation reste extrêmement tendue, avec des déclarations inflexibles de part et d'autre alimentant la spirale de la violence. Les habitants de la région, pris au piège de cette escalade, paient le prix fort d'un conflit dont la résolution semble plus lointaine que jamais, tandis que l'économie mondiale subit les contrecoups de cette instabilité géopolitique majeure.