Donald Trump a déclaré, samedi 10 octobre 2026, qu'il était « temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président » pour mettre fin à la guerre avec la Russie. Le président américain a également souligné que Vladimir Poutine souhaitait, selon lui, un « règlement » du conflit. La Russie a salué des propos « historiques », tandis que Kiev a réaffirmé son soutien à Volodymyr Zelensky.
Trump critique Zelensky et les frappes sur les raffineries russes
« Je leur suggère de se doter d'un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord », a affirmé Donald Trump devant la presse à la Maison Blanche, condamnant les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, qui ne font qu'aggraver « le problème mondial » de pénurie de diesel, selon lui. « Il a intérêt à arrêter », a mis en garde le président américain à l'adresse du président ukrainien, au lendemain de l'annonce d'un accord controversé entre Moscou et Washington pour l'achat massif de diesel russe.
Le président américain a affirmé plus tard que son homologue russe Vladimir Poutine, avec qui il s'est entretenu au téléphone vendredi, voulait « fortement » « voir un règlement » pour mettre fin à la guerre avec l'Ukraine. « La Russie aimerait conclure un accord […] mais pour une raison ou une autre, Zelensky ne veut pas conclure d'accord », a déclaré Trump à des journalistes samedi.
La Russie salue des propos « historiques », Kiev résiste
Kirill Dmitriev, le principal négociateur économique de Vladimir Poutine, a salué les propos de Donald Trump sur l'abandon de son soutien au président ukrainien comme « historiques ». Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a affirmé en revanche que Volodymyr Zelensky « bénéficie du soutien du peuple ukrainien et qu'il mérite d'être soutenu ». Le Premier ministre britannique Andy Burnham a dit apporter de son côté sa « totale solidarité » au président ukrainien, lors d'un échange téléphonique entre les deux dirigeants.
Avant les déclarations incendiaires du président américain, Volodymyr Zelensky avait dénoncé l'accord russo-américain comme une « décision faible » de la part des États-Unis et une opportunité lucrative pour la Russie de renflouer sa trésorerie et financer sa guerre. Le président ukrainien a également dénoncé de nouvelles frappes russes qui ont fait 21 morts samedi, dont 20 à Zaporijjia, dans le sud-est de l'Ukraine. « La Russie a exprimé ses remerciements pour la levée des sanctions sur les exportations de diesel en lâchant cinq bombes sur des immeubles résidentiels à Zaporijjia », a-t-il déclaré.
Accord sur le diesel et conséquences humanitaires
Selon Washington et Moscou, la Russie doit livrer 300 000 tonnes de diesel dès le mois d'octobre aux États-Unis et sur le marché mondial et accroître ensuite ces livraisons jusqu'à 1 million de tonnes en décembre. Le Kremlin a affirmé samedi que le président russe Vladimir Poutine avait « accueilli avec compréhension » des propositions américaines « de mesures visant à la désescalade » en Ukraine lors de l'appel téléphonique avec son homologue américain qui a débouché sur l'accord d'exportation de diesel, sans plus de détails. La Russie a intensifié ses frappes contre le territoire ukrainien ces derniers mois, faisant un nombre croissant de victimes civiles.
À Zaporijjia, ville située à seulement quelques dizaines de kilomètres de la ligne de front, Daniil Pichkin, un volontaire, est arrivé tôt pour aider les victimes des frappes survenues à l'aube. Deux personnes ont pu être secourues dans les gravats, « malheureusement, une petite fille est morte », a-t-il témoigné auprès de l'AFP. Des explosions ont aussi retenti samedi à Kiev où les frappes russes ont causé des coupures de courant massives et une suspension temporaire du fonctionnement du métro, avant-goût de ce qui attend les habitants de Kiev cet hiver. Six personnes ont été blessées dans ces frappes en pleine journée, dont cinq hospitalisées, a indiqué le maire de la capitale Vitali Klitschko.
Réactions internationales et avenir des négociations
Volodymyr Zelensky a dit avoir discuté « des difficultés posées par l'allègement des sanctions sur les produits pétroliers » russes par téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron. L'Élysée n'a pas immédiatement réagi à l'annonce de l'accord entre Washington et Moscou. Allié militaire majeur de Kiev, Berlin s'est limité à « prendre acte » de la décision américaine, mais a réaffirmé son soutien à Kiev. Après des discussions vendredi entre négociateurs ukrainiens et américains en Floride visant à relancer les efforts diplomatiques vers une fin de la guerre, les négociations ont été écourtées, les autorités ukrainiennes ayant confirmé à l'AFP le départ de la délégation de Kiev. L'émissaire du président Trump, Steve Witkoff, a tout de même qualifié les discussions de « constructives », mais Volodymyr Zelensky a dénoncé « un écran de fumée » après l'annonce de l'accord sur le diesel.