Le président américain Donald Trump a déclaré samedi 10 octobre que son homologue russe Vladimir Poutine souhaiterait conclure un accord pour mettre fin à la guerre en Ukraine, tout en accusant le président ukrainien Volodymyr Zelensky de s'opposer à un tel compromis. Cette prise de position marque une escalade des tensions entre Kiev et Washington.
Trump affirme que Poutine veut un règlement
Interrogé par des journalistes, Donald Trump a déclaré : « Eh bien, je pense que la Russie aimerait conclure un accord, et nous en avons parlé plusieurs fois, mais la Russie aimerait conclure un accord […] mais pour une raison ou une autre, Zelensky ne veut pas conclure d'accord. » Il a également rapporté que lors de son dernier appel avec Vladimir Poutine vendredi, ce dernier « aimerait voir un règlement. Le président Poutine aimerait voir un règlement, fortement ».
Le président américain a profité de cette déclaration pour critiquer vertement Volodymyr Zelensky, affirmant qu'il était « temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président » pour mettre fin à la guerre avec la Russie. « Je leur suggère de se doter d'un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord », a-t-il ajouté devant la presse à la Maison Blanche.
Critiques des frappes ukrainiennes et accord sur le diesel
Donald Trump a également condamné les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, qu'il accuse d'aggraver « le problème mondial » de pénurie de diesel. Il a lancé un avertissement au président ukrainien : « Il a intérêt à arrêter. »
Cette déclaration intervient au lendemain de l'annonce d'un accord controversé entre Moscou et Washington pour l'achat massif de diesel russe. Cet accord est vu comme un moyen de soulager les consommateurs américains après le bond des prix du carburant lié à la guerre en Iran, à moins d'un mois d'élections législatives cruciales pour la suite du mandat du milliardaire américain.
Réactions contrastées
Kirill Dmitriev, le principal négociateur économique de Vladimir Poutine, a salué les propos de Donald Trump sur l'abandon de son soutien au président ukrainien comme « historiques ». En revanche, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a affirmé que Volodymyr Zelensky bénéficie du « soutien du peuple ukrainien » et qu'il « mérite d'être soutenu ».
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a dit apporter sa « totale solidarité » au président ukrainien lors d'un échange téléphonique entre les deux dirigeants. L'Élysée n'a pas immédiatement réagi à l'annonce de l'accord entre Washington et Moscou. Berlin, allié militaire majeur de Kiev, s'est limité à « prendre acte » de la décision américaine, tout en réaffirmant son soutien à l'Ukraine.