Guerre en Ukraine : à Sloviansk et Kramatorsk, la vie suspendue entre départs et résistance
Sloviansk et Kramatorsk : la vie suspendue entre départs et résistance

Depuis le début de l'invasion russe, les villes de Sloviansk et Kramatorsk, dans l'oblast de Donetsk, sont devenues des symboles de la résistance ukrainienne. Mais pour leurs habitants, la vie est devenue un enfer quotidien. Les frappes d'artillerie et les missiles russes ont transformé ces cités autrefois prospères en villes fantômes.

Un exode massif

Selon les autorités locales, environ 70 % de la population a fui depuis février 2022. Avant la guerre, Sloviansk comptait près de 110 000 habitants ; aujourd'hui, ils ne sont plus que 30 000. Kramatorsk, qui en comptait 150 000, n'en abrite plus que 50 000. "Chaque jour, des familles entières quittent la ville, souvent avec juste un sac sur le dos", explique Olena, une bénévole de 45 ans qui aide les réfugiés à la gare de Kramatorsk.

Ceux qui restent : une vie de survie

Ceux qui restent sont souvent des personnes âgées, des malades ou ceux qui refusent d'abandonner leur maison. "Je suis née ici, je veux mourir ici", déclare Maria, 78 ans, assise sur un banc près d'un immeuble endommagé. Les conditions de vie sont précaires : coupures d'électricité et d'eau fréquentes, pénurie de nourriture et de médicaments. Les habitants se regroupent dans les caves pour se protéger des bombardements.

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La résistance civile

Malgré tout, une forme de résistance s'organise. Des bénévoles distribuent de l'aide humanitaire, des repas chauds et des soins médicaux. "Nous ne pouvons pas les laisser seuls", affirme Dmytro, un coordinateur d'une ONG locale. "Chaque vie sauvée est une victoire contre l'occupant." Les autorités ukrainiennes encouragent les civils à évacuer, mais beaucoup refusent, par attachement à leur terre ou par peur de l'inconnu.

Un avenir incertain

Alors que les combats se rapprochent, l'avenir de ces villes reste sombre. Les forces russes tentent d'encercler la région, et les frappes se multiplient. "Nous ne savons pas si nous serons encore là demain", confie Andriy, un médecin de 52 ans qui continue de soigner les blessés dans un hôpital de fortune. "Mais tant qu'il y aura des gens à aider, nous resterons."

L'impact psychologique

La guerre laisse des traces profondes. Les enfants n'ont pas vu une salle de classe depuis des mois. Les adultes souffrent de stress post-traumatique. "Ici, la vie est suspendue", résume une psychologue bénévole. "Personne ne pense à demain, seulement à survivre aujourd'hui."

Selon un rapport de l'ONU, plus de 8 millions d'Ukrainiens ont été déplacés à l'intérieur du pays, et des millions d'autres ont fui à l'étranger. Sloviansk et Kramatorsk ne sont que deux exemples parmi tant d'autres de la tragédie humaine qui se joue en Ukraine.

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