Guerre en Ukraine : Six morts dans des bombardements russes à Donetsk, Zelensky inquiet pour la défense aérienne
Les forces russes ont intensifié leurs attaques dans l'est de l'Ukraine, provoquant de lourdes pertes civiles et des dégâts matériels considérables. Dans l'oblast de Donetsk, six personnes ont perdu la vie au cours des dernières vingt-quatre heures lors de bombardements ciblant plusieurs localités.
Bilan humain dramatique dans l'oblast de Donetsk
Selon le chef de l'administration militaire Vadym Filachkine, trois personnes ont été tuées et deux autres blessées à Kramatorsk, tandis que trois autres ont péri et seize ont été blessées à Droujkivka. Les bombardements russes ont touché treize localités différentes de la région, endommageant gravement des infrastructures publiques, des commerces, des habitations et des véhicules.
Les opérations d'évacuation se poursuivent dans des conditions extrêmement difficiles. Au cours de la même période, 273 personnes dont 69 enfants ont pu être évacuées de la ligne de front, témoignant de l'urgence humanitaire qui persiste dans cette zone de conflit.
Préoccupations stratégiques de Volodymyr Zelensky
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé de vives inquiétudes concernant un possible manque de munitions pour les systèmes de défense aérienne, pourtant cruciaux pour contrer les frappes russes. Cette préoccupation survient dans le contexte d'une possible prolongation du conflit au Moyen-Orient, qui pourrait affecter les approvisionnements militaires vers l'Ukraine.
« Bien sûr, cette question nous préoccupe et c'est pourquoi nous sommes en contact avec nos partenaires », a déclaré le président ukrainien, tout en précisant qu'il n'avait pas encore reçu de « signaux » alarmants de la part des Européens ou des Américains. Il a néanmoins ajouté : « Nous comprenons nous-mêmes qu'une guerre prolongée et l'intensification des hostilités vont affecter la quantité de défense aérienne disponible pour nous. »
Avancées territoriales russes ralenties
Les analystes de DeepState rapportent que l'armée russe a conquis 126 kilomètres carrés de territoire ukrainien au cours du mois de février. Ce chiffre représente une diminution de moitié par rapport aux gains de janvier et constitue le niveau le plus bas depuis juillet 2024. La plupart de ces avancées se concentrent dans le secteur de Pokrovsk, dans l'oblast de Donetsk.
Malgré ce ralentissement apparent, les combats restent extrêmement intenses. Les analystes soulignent que la différence d'intensité des attaques par rapport à janvier n'est que de 4%, mais que les assauts sont désormais menés par moins de troupes.
Échanges de frappes de drones et conséquences énergétiques
La guerre des drones s'intensifie des deux côtés du front. L'armée russe a lancé 136 drones contre l'Ukraine dans la nuit de lundi à mardi, dont 127 ont été abattus ou neutralisés par les défenses ukrainiennes. En réponse, l'Ukraine a ciblé le port stratégique de Novorossiïsk dans le kraï de Krasnodar, provoquant un incendie dans un terminal pétrolier qui s'est poursuivi toute la matinée.
Les conséquences sur les infrastructures civiles sont sévères. Des milliers d'habitants des oblasts de Donetsk, Soumy et Zaporijia se sont retrouvés privés d'électricité après de nouvelles attaques russes contre le réseau énergétique ukrainien. Les travaux de réparation sont en cours partout où les conditions de sécurité le permettent, mais des coupures programmées restent en vigueur dans plusieurs régions.
Perspectives diplomatiques incertaines
Malgré l'escalade des violences, Volodymyr Zelensky maintient l'espoir d'une reprise des négociations. Le président ukrainien a déclaré espérer qu'une nouvelle rencontre Ukraine-Russie-États-Unis puisse se tenir entre le 5 et le 8 mars, même si le lieu initialement prévu à Abou Dhabi pourrait être modifié en raison des combats au Moyen-Orient.
« Personne n'a annulé cette rencontre. Elle devrait avoir lieu », a affirmé Zelensky, évoquant la Turquie et la Suisse comme alternatives possibles pour accueillir ces pourparlers diplomatiques cruciaux.
Répression politique en Russie
Sur le front intérieur russe, la Cour suprême a classé le Comité antiguerre de Russie (CAR) de l'opposant en exil Mikhaïl Khodorkovski comme « organisation terroriste », interdisant ainsi ses activités sur le territoire national. Cette décision s'inscrit dans le contexte plus large de la répression des voix dissidentes en Russie, où toute opposition à la guerre en Ukraine est systématiquement réprimée.
Le CAR, qui compte parmi ses membres des personnalités comme l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, a dénoncé des « représailles politiques visant à intimider la société et à réduire au silence les voix indépendantes ».



