Une attaque de drones du M23 frappe l'aéroport de Kisangani en RDC
Le gouvernement provincial de la Tshopo a confirmé, ce lundi 2 mars, que le groupe antigouvernemental M23 a lancé une attaque dimanche contre l'aéroport civil de Bangboka à Kisangani, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. L'offensive a été menée par des drones kamikazes chargés de sous-munitions, un mois après un assaut similaire. Cet aérodrome est crucial, car il sert non seulement au trafic civil, mais aussi aux opérations militaires congolaises, notamment au décollage de drones d'attaque et d'avions de chasse qui ciblent régulièrement les positions du M23 et de l'armée rwandaise en RDC.
Interception des drones et revendication du M23
Selon le communiqué officiel, quatre drones ont été interceptés et abattus au-dessus de Bangboka : le premier à 15h48, le deuxième à 17h30, le troisième à 19h30 et le dernier à 19h48. Cette interception a eu lieu alors qu'un appareil civil de la Compagnie africaine d'aviation (CAA) amorçait son atterrissage à partir de 19h45. Heureusement, aucune victime n'a été signalée suite à cet incident.
Le M23, soutenu par le Rwanda, a revendiqué cette opération dans un communiqué publié lundi soir. Le groupe a affirmé que ses forces, déployées près de Kisangani, ont mené une opération ciblée pour neutraliser des drones qui s'apprêtaient à être lancés pour massacrer des civils et attaquer leurs positions. Le M23 a ajouté que ces opérations continueraient tant que Kinshasa ne mettrait pas un terme définitif à ses offensives.
Contexte du conflit et sanctions américaines
Le M23, ou « Mouvement du 23 mars », a réapparu fin 2021 et s'est emparé de vastes zones dans l'est de la RDC, une région riche en ressources et déchirée par des conflits depuis plus de 30 ans. Dans ce contexte, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre les Forces de défense rwandaises et quatre officiers supérieurs, dont le chef d'état-major Vincent Nyakarundi, pour leur soutien opérationnel direct au M23.
Le porte-parole du département d'État, Tommy Pigott, a déclaré que le M23 est responsable d'atroces violations des droits humains, telles que des exécutions sommaires et des violences contre des civils, y compris des femmes et des enfants. Il a souligné que le soutien continu des FDR a permis au M23 de s'emparer du territoire souverain de la RDC et de perpétrer ces graves violations.
Réactions internationales et tensions persistantes
Le Rwanda a réagi en qualifiant les sanctions américaines d'injustes et biaisées, affirmant qu'elles ne reflètent pas la réalité du conflit et accusant la RDC de violations des accords de cessez-le-feu. De son côté, Kinshasa a exprimé sa profonde reconnaissance aux États-Unis, saluant cette décision comme un signal clair en faveur du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RDC.
Cette escalade survient après que le président américain Donald Trump a réuni les dirigeants du Rwanda et de la RDC en décembre pour signer un accord de paix, prédisant un « grand miracle ». Cependant, peu après, le M23 a pris la ville stratégique d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu, soulignant les défis persistants dans la région. Les États-Unis ont réitéré leur engagement à utiliser tous les moyens nécessaires pour s'assurer que les deux pays respectent les promesses de cet accord historique.



