Le pétrolier Deyna libéré après paiement d'une amende pour défaut de pavillon
Le pétrolier Deyna, soupçonné d'appartenir à la flotte fantôme russe utilisée pour contourner les sanctions liées à la guerre en Ukraine, a repris la mer ce jeudi 16 avril 2026. Il avait été arraisonné par la Marine nationale en mars dernier et immobilisé à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Les autorités françaises ont annoncé son départ après le paiement d'une amende par la société propriétaire, dans le cadre d'une procédure judiciaire.
Une amende de confiscation pour défaut de pavillon
Mercredi, le tribunal judiciaire de Marseille a condamné la société propriétaire du navire, non identifiée mais basée à Hong Kong selon les listes de sanctions, à une amende de confiscation. Cette sanction intervient pour omission de justifier de la nationalité du navire, communément appelée défaut de pavillon. Le Deyna naviguait sous pavillon mozambicain au moment de son interception. Le montant de l'amende n'a pas été divulgué, mais il sera versé à l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc).
Dès que la mesure d'immobilisation a été levée par le préfet des Bouches-du-Rhône, le pétrolier a quitté les eaux territoriales françaises. Selon les sites de suivi maritime, il se dirigeait jeudi matin vers la Chine, à plus de 300 kilomètres au sud des côtes françaises, entre la Sardaigne et les Baléares. La société propriétaire s'est engagée à obtenir un nouveau pavillon dans les meilleurs délais.
Troisième interception française dans le cadre de la flotte fantôme
Le Deyna est le troisième pétrolier présumé de la flotte fantôme russe intercepté par la France. Arrivant de Mourmansk en Russie, il avait été contrôlé le 20 mars en Méditerranée occidentale, au sud des Baléares, puis signalé au procureur de la République de Marseille. Cette action s'inscrit dans la politique française de lutte contre le financement illégal de l'effort de guerre russe, comme l'a rappelé le président Emmanuel Macron fin mars.
En janvier, le pétrolier Grinch avait été immobilisé près de Marseille-Fos et libéré après paiement d'une amende de plusieurs millions d'euros. En septembre, un premier navire, le Boracay, avait été arraisonné au large de la Bretagne pour navigation sans pavillon, avec son commandant condamné à une peine de prison et une amende. La France a annoncé le 8 avril vouloir durcir les sanctions contre ces infractions, en doublant les peines applicables.
Ces interventions illustrent l'engagement des autorités françaises à contrer les tentatives de contournement des sanctions internationales, renforçant la surveillance maritime et les procédures judiciaires pour préserver la sécurité et la légalité du commerce maritime.



