Pakistan frappe Kandahar : Islamabad cible des « refuges terroristes » en Afghanistan
Pakistan frappe Kandahar : cibles terroristes visées

Pakistan frappe Kandahar : Islamabad cible des « refuges terroristes » en Afghanistan

Le Pakistan a affirmé, ce dimanche, avoir mené des frappes aériennes sur des sites militaires et des « refuges terroristes » à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan. Selon des sources de sécurité pakistanaises, qui ont requis l'anonymat, les forces ont « détruit à Kandahar des infrastructures de soutien ainsi que des sites de stockage de matériel utilisés par les talibans afghans et des terroristes contre des civils pakistanais innocents ». Cette action militaire intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays voisins, exacerbant un conflit transfrontalier déjà tendu depuis plusieurs mois.

Accusations croisées et démentis des autorités

L'Afghanistan et le Pakistan s'accusent mutuellement depuis des mois. Islamabad reproche à son voisin d'accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP), responsables d'attaques meurtrières sur le sol pakistanais. Les autorités afghanes, quant à elles, démentent fermement ces allégations. Des habitants de Kandahar ont rapporté avoir vu des avions militaires survoler la ville et entendu des explosions. « Des avions militaires ont survolé une montagne où se trouve une base militaire et une explosion a suivi », a témoigné l'un d'eux, ajoutant avoir observé des flammes s'élever du site.

Le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, a contesté les affirmations pakistanaises. Il a déclaré que les frappes ont touché « un centre de réhabilitation pour toxicomanes » et « un container vide » dans la montagne, où des soldats s'abritent du soleil dans la journée, sans faire de victimes. « Les lieux mentionnés (par les Pakistanais) sont loin de ces deux endroits », a-t-il insisté. Il est à noter que le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, réside, reclus, à Kandahar, ajoutant une dimension symbolique à ces événements.

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Escalade des tensions frontalières et affrontements récents

La situation s'est rapidement dégradée. Des résidents ont signalé avoir entendu une frappe à Spin Boldak, dans le sud de l'Afghanistan, tandis que les autorités talibanes ont fait état d'affrontements dans la province orientale de Khost. Samedi, Islamabad avait affirmé avoir déjoué une « attaque de drones des talibans afghans ». Le président du Pakistan, Asif Ali Zardari, a accusé ces derniers d'avoir « franchi une ligne rouge » en lançant une attaque contre des cibles civiles.

La veille, le Pakistan avait bombardé plusieurs lieux en Afghanistan, dont Kaboul. Selon l'ONU, cette frappe sur la capitale afghane a causé la mort de quatre civils. Ces incidents s'inscrivent dans une escalade plus large. En octobre 2025, les combats entre l'Afghanistan et le Pakistan avaient fait des dizaines de morts et conduit à la fermeture quasi totale de la frontière terrestre. Bien que les affrontements aient diminué après diverses médiations, le conflit s'est de nouveau aggravé le 26 février, suite à des frappes aériennes pakistanaises suivies d'une offensive terrestre afghane.

Selon un bilan de l'ONU actualisé vendredi, 75 civils afghans ont été tués depuis l'intensification des affrontements le 26 février. De plus, au moins 115 000 personnes ont été déplacées en Afghanistan, illustrant l'impact humanitaire dramatique de cette crise. Les tensions persistent, avec des accusations réciproques et des actions militaires qui risquent d'alimenter davantage le cycle de violence dans la région.

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