Une escalade rapide entre le Pakistan et l'Afghanistan
Les tensions entre le Pakistan et l'Afghanistan ont brutalement dégénéré en une confrontation militaire ouverte, marquée par des frappes aériennes et des déclarations belliqueuses des dirigeants pakistanais. Vendredi 27 février au matin, le ministre de la défense pakistanais, Khawaja Asif, a annoncé sur le réseau social X que la patience de son pays avait atteint ses limites, proclamant : « C'est désormais la guerre ouverte entre nous et vous ». Cette déclaration intervient quelques heures seulement après que l'armée pakistanaise a bombardé plusieurs grandes villes afghanes dans la nuit de jeudi à vendredi.
Des frappes aériennes ciblant Kaboul et Kandahar
L'armée pakistanaise a procédé à des frappes aériennes sur la capitale afghane, Kaboul, ainsi que sur Kandahar et la province de Paktia, dans le sud-est du pays. Le ministre de l'information pakistanais, Attaullah Tarar, a justifié ces attaques en affirmant qu'elles visaient « des cibles de la défense talibane afghane ». Les talibans, au pouvoir en Afghanistan, ont confirmé les frappes mais ont assuré qu'il n'y avait eu aucune victime. Cette escalade prévisible entre Islamabad, qui détient l'arme nucléaire, et Kaboul s'est considérablement accélérée en l'espace de quelques heures, créant une situation de crise régionale.
Un cycle de représailles meurtrier
Selon les autorités pakistanaises, les frappes aériennes de vendredi sont une réponse directe à une attaque afghane survenue jeudi soir contre des bases et des installations militaires pakistanaises situées à la frontière entre les deux pays. De leur côté, les talibans affirment que cet assaut afghan était lui-même une riposte à des frappes aériennes menées par Islamabad dimanche, qui auraient causé la mort de treize civils, selon un rapport de l'Organisation des Nations unies (ONU). Ce cycle de représailles souligne la volatilité de la région et les risques d'une confrontation plus large.
La situation reste extrêmement tendue, avec des forces talibanes déployées près du poste frontière de Torkham, dans la province afghane de Nangarhar, comme le montrent des images récentes. Les déclarations des deux camps laissent peu de place à la désescalade, et la communauté internationale surveille avec inquiétude cette crise frontalière qui pourrait avoir des répercussions sur la stabilité de toute l'Asie du Sud.



